Pauline Marois et Yves Desgagnés au Métropolis le 4 septembre 2012

Yves Desgagnés juge injustifiée la plainte contre son documentaire

Yves Desgagnés est renversé que son documentaire La première, qui présente Pauline Marois au soir de sa victoire du 4 septembre 2012 et raconte l'attentat meurtrier au Métropolis, fasse l'objet d'une plainte pour dépenses électorales illégales.
La Coalition avenir Québec s'est adressée au Directeur général des élections du Québec pour qu'il comptabilise la diffusion sur Illico de son oeuvre comme une dépense électorale. Une «véritable distraction», a répliqué l'homme de théâtre, qui conseille pour un second scrutin le Parti québécois (PQ) pour la mise en scène d'événements spéciaux.
À l'Observatoire du Mont-Mégantic, où la chef du Parti québécois a entamé sa journée, M. Desgagnés s'est défendu d'avoir signé une oeuvre complaisante sur une politicienne qu'il confesse «aimer beaucoup». Il n'avait pas l'intention de réaliser un film à court terme, a-t-il dit. Le destin a changé ses plans.
«J'ai fait ce documentaire parce que j'ai failli me faire tuer ainsi que Mme Marois», a-t-il témoigné. «J'étais à la porte» du Métropolis d'où Richard Bain a fait feu, tuant une personne et en blessant grièvement une autre.
«Je suis passé à un cheveu [d'y rester]. Les experts en balistique et les gens de la Sûreté du Québec m'ont dit qu'après Dave Courage [blessé], j'étais le prochain à être tiré et, en trois minutes, entre 300 et 500 personnes mouraient instantanément.»
Il a plaidé le devoir de mémoire pour expliquer sa décision de montrer des images qui étaient destinées aux archives. «Ce n'est pas normal dans une société démocratique qu'un homme ou une femme politique, peu importe le parti, se fasse menacer avec un AK-47», le tristement fameux fusil d'assaut.
«C'est très curieux. On ne soulève pratiquement pas ça. On parle d'une infopub! D'une autopromotion! Je n'étais pas pour la tuer une deuxième fois!»
Le réalisateur a rappelé que son film, qui dure une quarantaine de minutes, est disponible depuis neuf mois sur Illico. Décider de le retirer pendant la campagne est une décision qui relève strictement des administrateurs de l'entreprise.
Quant au fait que l'ex-patron de Québecor, propriétaire d'Illico, soit maintenant sur les rangs pour le Parti québécois, Yves Desgagnés ne voit pas comment les journalistes peuvent penser que le documentaire peut influencer l'électorat. «Pensez-vous deux secondes que je pouvais imaginer que Pierre Karl Péladeau serait candidat» il y a 18 mois?