Les membres de Young the Giant sont en plein coeur d'un blitz de 40 spectacles d'ici le 12 avril afin de faire la promotion de leur second album, Mind Over Matter. Ils seront de passage au Métropolis de Montréal le 6 mars.

Young The Giant: le rêve américain de François Comtois

Un gars qui n'avait jamais touché à une batterie avant l'âge de 14 ans se retrouve, cinq ans plus tard, batteur d'un groupe faisant partie des étoiles montantes du rock alternatif. C'est le rêve que vit François Comtois, originaire de la région de Montréal, depuis qu'il s'est joint en 2007 au groupe californien Young the Giant.
«Je suis né à Pierrefonds, mais j'ai aussi vécu à Ville Saint-Laurent. Je ne jouais pas vraiment de musique avant de déménager en Californie, où mes parents se sont installés il y a 12 ans en raison de leur travail», raconte le batteur de 25 ans en entrevue téléphonique avec Le Soleil depuis Tucson, en Arizona, où le groupe se préparait à monter sur scène.
Mind Over Matter, second album du quintette lancé il y a trois semaines, a atteint la septième position du palmarès Billboard 200 et Young the Giant est en plein coeur d'une série de 40 spectacles d'ici le 12 avril afin d'en faire la promotion.
«On ne s'attendait pas du tout à ça, c'est vraiment une belle surprise», indique François au sujet du succès du nouvel album. Et dire que les membres du groupe avaient dû jouer du coude en 2009 afin de convaincre leurs parents de les laisser vivre leur rêve.
La musique ou l'école
«On s'est rencontrés au secondaire et au début, la musique était surtout un passe-temps. On avait négocié avec nos parents de prendre un break de six mois dans nos études pour pouvoir vraiment nous consacrer à la musique. Si ça ne fonctionnait pas, on retournait tous à l'école!» explique-t-il.
Six mois passés, le groupe avait des propositions de quelques étiquettes de disques, dont Roadrunner Records, une compagnie affiliée au groupe Warner.
«Finalement, on a décidé d'aller avec Roadrunner car on n'avait vraiment pas le goût de retourner aux études. Pour notre nouvel album, on est avec Fueled by Ramen Records, qui est aussi affilié à Warner, et on travaille encore avec la même équipe.»
Le batteur avoue se sentir plus à l'aise maintenant qu'au moment d'enregistrer le premier album du groupe en 2010. «On travaillait alors avec le producteur Joe Chiccarelli, qui a aussi produit U2, Elton John et les White Stripes. C'était un peu comme un boot camp et, en plus, moi, je ne savais presque pas jouer», avoue-t-il bien candidement.
Sur le tard
Il faut dire que François n'avait presque pas joué de musique avant de s'installer en Californie. «Oui, je suis devenu musicien sur le tard. J'ai joué un peu de guitare car ma mère jouait de la guitare classique. Un peu de piano aussi, mais je n'avais pas de plaisir. Je trouvais ça plutôt pénible», confie-t-il.
À 14 ans, ses parents ont offert une petite batterie en cadeau à François et son frère. «On ne pouvait en jouer qu'en revenant de l'école, vers 15h, et jusqu'à 18h car mon père ne voulait pas nous entendre en rentrant du travail!» se rappelle-t-il en riant. C'est là qu'il a eu le coup de foudre pour le nouvel instrument, sur lequel il s'est ensuite perfectionné.
Lors de l'enregistrement de Mind Over Matter, les cinq musiciens étaient enfin dans leur zone de confiance. De plus, ils étaient associés au producteur Justin Meldal-Johnsen, qui a travaillé avec plusieurs artistes que les membres de Young the Giant admirent, notamment Beck, Nine Inch Nails et M83.
«Avec Justin, il n'y avait pas les problèmes de communication qu'on avait parfois avec Joe et qui nous rendaient nerveux car on ne voulait pas le faire fâcher. L'atmosphère était meilleure et on n'avait qu'à penser à écrire», relate François.
Retour à Montréal
Le public a très bien répondu, et François et ses partenaires Sameer Gadhia, Jacob Tilley, Eric Cannata et Payam Doostzadeh sont présentement les têtes d'affiche d'une tournée de salles pouvant accueillir de 1500 à 3000 personnes qui les mènera au Métropolis de Montréal le 6 mars.
«Ce sera seulement notre troisième spectacle à Montréal, alors c'est toujours un peu spécial pour moi puisque je ne reviens pas souvent au Québec. C'est l'occasion de revoir mes tantes, mes cousins, mes cousines, ma grand-mère qui habite Brossard et aussi tous mes amis de l'époque où je fréquentais le Lauren Hill Academy», termine-t-il.