Alternant entre une multitude de six-cordes, le guitariste Steve Howe était bien sûr l'un des centres d'attraction. «Vous êtes un peu comme notre deuxième foyer», a-t-il lancé à la salle comble après avoir interprété Close to the Edge.

Yes offre un trois pour un au Capitole

C'est un véritable trois pour un que le groupe Yes a offert à 1110 amateurs de rock progressif comblés lundi soir au Capitole en interprétant dans leur intégralité les albums Close to the Edge, Going for the One et The Yes Album pour plus de 2h30 de musique.
<p>Expressif et enjoué, Jon Davison avait vraiment l'air de s'amuser en interprétant des pièces qui ont été composées alors qu'il n'était pas encore entré à l'école primaire. </p>
Membre de Yes depuis à peine deux ans, l'Américain Jon Davison, également chanteur de Glass Hammer, avait la lourde tâche de remplacer Jon Anderson. Celui qui était la voix du groupe britannique sur ces trois albums est en effet en brouille avec ses anciens acolytes depuis 2008.
Unique représentant de la génération X sur une scène où tous les musiciens avaient au moins 20 ans de plus que lui et arboraient une crinière argentée, Davison a interprété tous les classiques avec une voix qui ressemble à s'y méprendre à celle d'Anderson. 
Expressif et enjoué, le chanteur de 43 ans avait vraiment l'air de s'amuser en interprétant des pièces qui ont été composées alors qu'il n'était pas encore entré à l'école primaire. Agitant des clochettes ou un tambourin durant les portions instrumentales, il a même réussi à arracher quelques sourires au bourru bassiste Chris Squire.
Alternant entre une multitude de six-cordes, le guitariste Steve Howe était bien sûr l'un des centres d'attraction. «Vous êtes un peu comme notre deuxième foyer», a-t-il lancé à la salle comble après avoir interprété Close to the Edge, dont chacune des trois longues pièces a valu une ovation au groupe.
Rescapé de la période Drama, pas la plus glorieuse de l'histoire de Yes, le claviériste Geoff Downes s'est tout de même bien tiré d'affaire, se comportant comme un professeur dans son labo entouré d'étages de synthés empilés les uns au-dessus des autres pour en tirer les sonorités qui ont marqué ces compositions qu'interprétaient à l'époque Rick Wakeman et Tony Kaye.
Public attentif
La foule, essentiellement composée de baby-boomers, n'a pas fait mentir la réputation de Québec comme étant un haut lieu du rock progressif. Attentifs comme à un récital classique, les amateurs de Yes appréciaient chaque parole et chaque note produite par le quintette dans une atmosphère presque liturgique.
Après « Awaken », pièce phare de Going for the One pour laquelle Squire a sorti sa fameuse basse à trois manches, les membres du groupe ont pris une pause d'une vingtaine de minutes pour mieux revenir et se lancer dans l'intégrale de leur troisième album, paru en 1971.
On peut dire que Yes a visé juste en concluant la soirée avec cet album plus rock, moins planant et qui a encore mieux traversé l'épreuve du temps que les deux autres. Les spectateurs ont dansé et frappé dans leurs mains sur I've Seen All Good People avant d'être aspergés de confettis argentés durant la finale de Perpetual Change. 
Les cinq musiciens ont ensuite répondu à l'appel du public qui réclamait debout  son retour sur scène en y allant de l'incontournable Roundabout, tirée de l'album Fragile, le dessert de ce repas en trois services pour  amateurs de «prog».