Originaire de Hamilton, en Ontario, William Moss a travaillé dans des chantiers archéologiques en Angleterre avant de déménager à Québec pour poursuivre ses études en français.

William Moss, archéologue aux mille défis

Lauréat: William MossOccasion: Il a attiré plusieurs très grands colloques d'archéologie à Québec, dont un au début du mois.
Pour la plupart des gens, organiser un grand colloque international rassemblant des centaines, voire des milliers de gens, représente a priori un défi immense, et même insurmontable aux yeux de certains. Mais pour William Moss, c'est presque une déformation professionnelle.
Archéologue principal à la Ville de Québec, M. Moss a organisé le dernier colloque de la Society for Historical Archaeology, qui compte environ 2000 membres. C'était la deuxième fois que Québec héritait de l'événement, M. Moss l'ayant déjà obtenu et organisé en 2000. «Ça avait été un succès énorme. Les gens avaient adoré Québec, adoré aussi le colloque qu'on avait monté, alors quand on leur a proposé de les recevoir de nouveau en 2014, ils ont tout de suite dit oui», dit-il.
L'archéologue était aussi derrière la venue du colloque du Conseil international des monuments et des sites de l'UNESCO, qui a réuni plusieurs milliers de participants en 2008. Pour ces succès qui ont fait rayonner Québec, ainsi que pour sa contribution générale à l'archéologie de la ville, l'Université Laval lui a remis un doctorat honorifique, au début du mois.
«J'ai travaillé à l'organisation de nombreux colloques, j'ai commencé avec de plus petits. C'est toujours un travail d'équipe, d'ailleurs, c'est important de le dire. Et en tant qu'archéologue, on apprend ça dès le début, parce qu'un chantier archéologique, ça ne peut pas être autre chose qu'un travail d'équipe. Alors, ça m'avait donné des habiletés. Ceux qui ne sont pas archéologues sont parfois impressionnés de voir la facilité avec laquelle nous réalisons des projets de cette envergure-là, mais ça fait simplement partie de notre métier», dit-il.
Travailler en français
Originaire de Hamilton, en Ontario, M. Moss a commencé à apprendre le français dès l'âge de 12 ans, parce qu'il faisait partie d'un programme enrichi. Après un baccalauréat en anthropologie - une discipline qui inclut l'archéologie, dans la tradition nord-américaine -, «je suis allé travailler trois ans en Angleterre sur des chantiers archéologiques. Et c'est en revenant au Canada que j'ai décidé de poursuivre mes études là-dedans, mais je voulais le faire en français. J'étais curieux de vivre dans une autre culture, ce que j'avais fait sur le plan culturel en Angleterre, mais pas linguistiquement, et je me demandais c'était comment», se souvient-il.
C'est pourquoi - et aussi parce que la France, bien qu'on ne peut plus riche archéologiquement, était au-dessus de ses moyens - il a fait une maîtrise en archéologie à l'Université Laval. «Quand je suis allé en Angleterre, c'était en 1974, l'archéologie en était vraiment à ses débuts au Canada. Il n'y avait pas beaucoup de projets, de traditions, pas d'infrastructures non plus. Alors en Angleterre, j'ai pu prendre une expérience dans une tradition d'archéologique, académique, intellectuelle et méthodologique qu'on n'avait pas au Canada. J'ai appris beaucoup de choses là-bas que j'ai pu utiliser ici.»
En 1985, il a décroché l'emploi d'archéologue principal à la Ville de Québec, qui venait d'ouvrir le poste dans la foulée de son inscription à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il s'agissait du tout premier poste du genre au Canada. Depuis, M. Moss et son équipe à la Ville ont participé à plus de 200 articles publiés dans des revues savantes.
«Québec est un berceau pour l'archéologie, c'est très fort à l'Université Laval avec différents partenaires, comme le ministère de la Culture et Parcs Canada. Et on est reconnu mondialement, pour la qualité du patrimoine lui-même et pour la manière dont on s'occupe de ce patrimoine, notre façon de le gérer et de le mettre en valeur», souligne M. Moss.