Alexander Ortiz (à gauche),  Pierre-Luc Bégin et Vincent Lévesque  (à l'arrière) sont les membres du groupe We Are Wolves.

We Are Wolves: la compagnie des loups

Après avoir assuré la première partie du groupe Muse dans un Colisée bien rempli en avril, le trio alternatif montréalais We Are Wolves revient à Québec samedi avec un public beaucoup plus large, dont plusieurs fans qui l'ont découvert à l'occasion de cette soirée où il a remplacé au pied levé le groupe écossais Biffy Clyro.
«Il y en a encore qui nous disent qu'ils n'auraient pas pu aimer notre band s'ils ne nous avaient pas vus en première partie de Muse. Des gens qui avaient entendu parler de nous, mais qui croyaient que ce n'était pas leur buzz, qu'on était trop électro ou trop dance», explique Alexander Ortiz, chanteur, guitariste et bassiste du trio qu'il forme avec Vincent Lévesque (claviers, voix) et Pierre-Luc Bégin (percussions, voix).
«Par la suite, on a entendu parler de ce spectacle dans chaque ville où on jouait au Québec, car il y avait des gens du Saguenay, de la Mauricie, de la Côte-Nord au Colisée de Québec ce soir-là. Ça a beaucoup aidé à nous ouvrir à un autre public. Notre spectacle en première partie de Gorillaz au Centre Bell avait aussi eu cet effet en 2010.»
La vie après la mort
Et pourtant, ce nouveau public est venu bien près de devoir se passer de We Are Wolves, dont l'album La mort pop club, paru l'an dernier, aurait bien pu être le dernier. Maintenant père de famille, 14 ans après les débuts du groupe qui se voulait un croisement entre Déjà Voodoo et les Cramps avec un soupçon de Suicide et de Velvet Underground, le leader de We Are Wolves avoue avoir considéré cette possibilité.
«Je n'avais jamais dit que c'était le dernier, mais j'y avais beaucoup pensé, et Vincent m'a dit que lui aussi, il avait eu ce sentiment-là», indique Ortiz, soulignant qu'une visite au studio Converse de New York l'été dernier a finalement changé la destinée du groupe.
«Nous avons eu la chance de pouvoir passer trois jours là, avec un ingénieur du son qui a travaillé au studio de Little Steven Van Zandt (guitariste du E Street Band). Il a tripé sur notre musique et nous a enregistré deux chansons de façon phénoménale. Ça nous a donné une autre raison de continuer, ça nous a donné de l'énergie, de l'espoir», poursuit le musicien.
«On va explorer d'autres avenues, d'autres façons de faire et on va retourner enregistrer, peut-être à Calgary et en Allemagne. Si on sort autre chose, ce sera assurément différent. On a les pièces, mais elles ne sont pas encore mastérisées. On verra sous quel format on les diffuse. Qui sait, peut-être qu'on en dévoilera une lors du spectacle à Québec!» conclut-il.
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Autopsie d'une pochette
Pour d'anciens étudiants en arts visuels à l'Université Concordia, voir la pochette du dernier album de leur groupe, qu'ils ont eux-mêmes conçue, être nommée dans la catégorie de la pochette de l'année au prochain gala des prix Juno est une grande source de fierté. Alexander Ortiz nous explique comment il a créé la pochette de La mort pop club avec son collègue Vincent Lévesque.
Visage : «Cette pochette, ça a vraiment été compliqué! Au début, on voulait le visage d'Elvis avec quelques éléments graphiques. Comme quoi la mort est un peu comme un club sélect auquel tout le monde finit par appartenir. Mais pour des raisons de droits d'auteur, on n'a évidemment pas pu utiliser le visage d'Elvis. En cherchant d'autres images, je suis tombé sur une image des années 20 un peu mystérieuse, une femme cachée par un bout de tissu. Mais encore une fois, il aurait fallu payer très cher pour l'utiliser. J'ai donc décidé d'organiser un photoshoot chez moi avec ma blonde! On a passé la soirée à jaser, à boire du vin et à prendre des photos.»
Dentelle : «J'ai magasiné différents types de dentelles afin de voir comment chacune laissait passer la lumière. On a finalement opté pour une dentelle blanche dont l'effet était intéressant et on l'a superposée au visage. Ensuite, j'ai retravaillé tout ça un peu avec Vincent.»
Logo : «Je voulais un logo un peu mystérieux, dans le style du symbole de la franc-maçonnerie, mais en même temps, depuis que j'avais découvert la musique punk hardcore dans ma jeunesse, j'ai toujours été impressionné par les logos New York Hardcore ou Montreal Hardcore qui plaçaient les lettres NY et HC ou alors MTL et HC dans un X. C'est comme ça que nous avons développé ce symbole, en utilisant les lettres L, M, P et C pour La mort pop club.
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À pleins gaz
Le placement de quelques-unes de ses pièces dans des jeux vidéo de course automobile, notamment Midnight Club : Los Angeles, Need for Speed : Prostreet et Gran Turismo 5 est une autre avenue qui a permis à We Are Wolves de diffuser sa musique à travers le monde. «Moi, je ne suis pas vraiment un amateur de jeux vidéo, mais c'est cool et ça me surprend toujours d'entendre des gamers me dire qu'ils ont entendu mes chansons dans un jeu vidéo. Nous avons des publicistes qui s'occupent de faire la promotion de notre matériel pour ces marchés», indique Alexander Ortiz. On peut aussi entendre la musique du trio montréalais dans plusieurs DVD consacrés à des sports comme le surf, le skateboard ou la planche à neige. «L'une de nos chansons a aussi déjà été utilisée dans une émission de télé consacrée aux combats extrêmes. J'imagine que notre musique se marie bien avec l'adrénaline!» poursuit le musicien.Ortiz avoue aussi que ces revenus supplémentaires sont les bienvenus en une ère où les ventes de disques stagnent. «Comme on ne vend pas des tonnes d'albums et qu'on ne fait pas beaucoup de shows devant 3000 ou 4000 personnes, c'est certain que c'est quelque chose que fait du bien.»
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Loup y es-tu?
Wolf Parade, AIDS Wolf, We Are Wolves... Mais qu'y avait-il dans l'eau de Montréal au début des années 2000 pour que tant de groupes utilisent l'imagerie du canis lupus dans leur nom? «C'est un phénomène qui survient parfois à un tel moment, dans une telle ville alors que tout le monde trippe sur la même affaire. À Montréal, c'était les loups!» lance Alexander Ortiz, leader de We Are Wolves. Le trio a d'ailleurs déjà fait quelques spectacles avec AIDS Wolf en plus de partir en tournée avec Wolf Parade. «Je ne sais pas si c'est vrai ou si c'était une blague, mais un membre de Wolf Parade nous a dit, lors de cette tournée, qu'il avait toujours aimé notre musique et qu'il s'était peut-être inspiré de notre nom pour nommer son groupe... » poursuit-il. Ortiz révèle aussi que la chanteuse Chloe Lum, de AIDS Wolf, avait même prévu faire un grand spectacle sur un bateau avec uniquement des groupes ayant Wolf ou Wolves dans leurs noms. «Mais malheureusement, ça ne s'est jamais concrétisé.»
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Vous voulez y aller?
Qui : We Are Wolves (première partie : Heat)
Où : Le Cercle
Quand : samedi à 21h
Billets : 15 $ (prévente);
17,50 $(à la porte)
Téléphone : 418 948-7684