La première partie manquait généralement un peu de rythme, mais ça se place après l'entracte, quand les quiproquos et les malaises s'empilent et quand l'effet de surprise provoque spontanément le rire.

Voleurs d'occasion: compagnons d'infortune

Ne s'improvise pas voleur qui veut. Quand deux garagistes pas très allumés décident d'aider leur patron accro au jeu à faire un vol de ses propres voitures pour toucher un montant de l'assurance, et que la mafia s'en mêle, la table est mise pour un beau fiasco!
Ce sont à nouveau des finissants du Conservatoire d'art dramatique de Québec qui ont investi le Vieux Bureau de Poste, à Lévis, pour y présenter une pièce de théâtre d'été. Ils ont jeté leur dévolu sur Voleurs d'occasion, une des premières pièces écrites par Claude Montminy (Bébé à bord, Maestro), en 2005. 
Pour l'occasion, ils ont adapté le texte avec la collaboration de l'auteur pour que les deux protagonistes soient un homme et une femme au lieu de deux hommes. Un choix qui rafraîchit la pièce et lui donne un petit côté plus actuel qui sied bien à la jeunesse des acteurs. On retrouve donc Jean Bonneau, alias Jambon (Samuel Corbeil), un mécanicien bedonnant au coeur tendre, amateur de danse sociale et de chips au vinaigre, éperdument à la recherche de l'amour, et Patricia Pouliot, alias Patpou (Ariel Charest), une garagiste homosexuelle du type tom boy aux plans tordus qui rêve de posséder un restaurant végétarien.
Il y a aussi Denis Rouleau, le propriétaire du garage, qui flambe son argent dans les machines à sou. Il reçoit la visite de Jenny (Élodie Grenier), la femme de Couguar, un puissant mafioso, à qui il doit de l'argent. À toute cette histoire se mêlent un vol de voitures passablement raté et l'histoire d'amour improbable qui se développe entre Jambon et la fille de Denis Rouleau, une jeune actuaire du nom de Nathalie (aussi interprétée par Élodie Grenier).
Dès le départ, la dynamique qui unit la paire de garagistes un peu ratés fonctionne très bien. Ariel Charest et Samuel Corbeil ont su créer des personnages consistants et amusants dans leur jeu physique.
Cependant, en première partie, il manquait généralement un peu de rythme. Le jeu pourrait être resserré davantage. Ça se place après l'entracte, quand les quiproquos et les malaises s'empilent et quand l'effet de surprise provoque spontanément le rire. Les quelques moments plus «dramatiques» entre le patron du garage et sa fille détonnent et paraissent plus faibles, mais dans l'ensemble, les jeunes comédiens fraîchement diplômés s'en tirent tous bien dans le registre de la comédie.
L'exiguïté de la salle du Vieux Bureau de Poste vient avec ses avantages - entre autres son intimité - et ses désavantages. Maude Groleau a fait un bon travail de conception scénographique pour la scène principale. Il a cependant été décidé de déborder de l'espace scénique pour recréer les scènes qui se passent dans un restaurant, juste au coin du bar.
Un choix qui se justifie aisément par la difficulté à recréer un lieu aussi différent dans le décor du garage. Cependant, les acteurs se trouvent très coincés dans leurs déplacements, ce qui enlève de la fluidité à ces scènes. C'est rigolo de les voir se faufiler en essayant de ne pas marcher sur les pieds des spectateurs à la première rangée, mais ça nous fait décrocher de l'histoire.
La pièce Voleurs d'occasion est présentée jusqu'au 30 août au Vieux Bureau de Poste de Lévis.