Vivement des élections!

Le dépôt du budget et la tournure déplorable des débats des derniers jours à l'Assemblée nationale démontrent à quel point un appel au peuple s'impose. L'impasse budgétaire constatée mercredi par le Vérificateur général et admise par le ministre Nicolas Marceau confirme ce que l'on savait déjà: le gouvernement minoritaire de Pauline Marois serait incapable de faire adopter son budget, ni même d'en soumettre un autre qui ferait l'affaire de tout le monde. D'un côté, la Coalition avenir Québec réclame l'équilibre budgétaire immédiatement, ce qui apparaît impossible. De l'autre, les libéraux n'appuieront jamais un budget péquiste, même s'ils seraient eux aussi paralysés par la réalité des finances publiques s'ils prenaient le pouvoir.
Bref, cette impasse politique et budgétaire impose de retourner devant l'électorat.
Le prochain gouvernement devra agir rapidement pour reprendre le contrôle de la situation. Mais l'état des finances publiques est tel qu'on voit mal ce que pourra faire la prochaine équipe gouvernementale si elle n'est pas majoritaire. Les changements «structurels» et «récurrents» demandés mercredi par le vérificateur ne seront jamais possibles dans le contexte d'un gouvernement minoritaire. Il n'est même pas certain qu'un éventuel gouvernement majoritaire aura le courage de poser les gestes nécessaires. En 2003, Jean Charest avait réitéré à plusieurs reprises son intention d'imposer un remède de cheval à l'administration publique en tout début de mandat, avant de se retrouver à nouveau dans un contexte préélectoral. Mais il a battu en retraite au lendemain d'une manifestation monstre organisée par les centrales syndicales juste avant Noël. Pauline Marois aurait-elle le courage d'imposer les sacrifices nécessaires aux Québécois si elle est majoritaire? Et qui plus est, un tel exercice serait-il compatible avec la préparation d'un troisième référendum sur la souveraineté? La question sera incontournable si elle obtient une majorité.
Si on prend le ministre Nicolas Marceau au mot, le gouvernement est déterminé à limiter la hausse des dépenses à 2 % au cours des trois années à venir, même si ce sera «très exigeant». On voudrait bien le croire, mais les budgets de la dernière décennie ont échoué à ce chapitre, et le vieillissement de la population continuera d'ajouter aux coûts de la santé.
Réaliste ou pas, le gouvernement n'a guère le choix : une décote par les maisons de notation ferait porter un nouveau poids au financement de la dette dont nous n'avons pas les moyens. Les compressions que le budget de jeudi laisse entrevoir annoncent des débats acrimonieux. Il nous est arrivé, dans le passé, de vanter les mérites des gouvernements minoritaires, parce qu'ils doivent être davantage à l'écoute de la population. Mais devant une telle impasse budgétaire, seul un gouvernement majoritaire aura le temps et la marge de manoeuvre politique suffisante pour bouger. Quelle que soit la décision de l'électorat, les partis devront démontrer, dans leur plateforme, qu'ils ont de vraies solutions à proposer, et non pas seulement de belles intentions.
Les frais de garderie
Quand les libéraux ont annoncé la hausse des droits de scolarité, ils ont fait valoir que la contribution des étudiants au financement des universités était passée de 26,4 % à 12,7 % depuis 1964. Leur proposition visait à ramener cette contribution à 16,9 %. Ils se sont heurtés aux carrés rouges.
Jeudi, le gouvernement Marois a fait valoir que la contribution parentale aux garderies était passée de 20 % à 13,4 % depuis 1997. Il a proposé de la ramener à 16 %.
Vous ne trouvez pas que ça se ressemble, comme démarche? Moi si.