Des prestations musicales accompagnées d'extraits de films se sont déroulées dans une atmosphère des plus conviviales.

Violons du Roy: une tribune de choix à Denys Arcand

Un écran, une scène, un orchestre. Les Violons du Roy ont offert à Denys Arcand une tribune de choix, jeudi soir, à l'occasion de leur gala-bénéfice annuel. Il faisait bon entendre le cinéaste parler de la musique qu'il aime, de la place qu'elle n'a jamais cessé d'occuper dans sa vie et de la relation étroite que son oeuvre entretient avec celle-ci.
L'invité des Violons semblait parfaitement à l'aise sur scène en compagnie des musiciens et des chanteurs. Il a répondu avec modestie, générosité et humour aux questions de Laurent Patenaude, le directeur de l'administration artistique des Violons. Des prestations musicales accompagnées d'extraits de films ont ponctué l'entretien. Le tout s'est déroulé dans une atmosphère des plus conviviales.
On a appris que Raoul Jobin, célèbre ténor dont la salle du Palais Montcalm porte aujourd'hui le nom, a joué un rôle déterminant dans l'éveil artistique de Denys Arcand. «C'était l'ami d'enfance de mon père. Donc, j'ai des souvenirs de Raoul Jobin chez moi, dans la salle de bains, quand j'avais cinq ans, et qui chantait "Ah! Lève-toi, soleil!" J'ai été élevé dans de la belle musique.»
Les projecteurs se tournaient régulièrement vers les musiciens dirigés par Mathieu Lussier et vers les trois chanteurs de l'Atelier d'art lyrique de l'Opéra de Montréal qu'ils accompagnaient.
Florie Valiquette a ensorcelé son auditoire. Son Piangerò la sorte mia profond et touchant livré par-devant la lumière bleutée d'un lever du jour m'a donné des frissons.
Le ténor Jean-Michel Richer a été absolument charmant dans Du moment qu'on aime, un extrait de l'opéra Zémire et Azor de Grétry qui ouvre L'âge des ténèbres.
Avec la mezzo Emma Char dans Che faro senza Euridice, les Violons ont recréé la musique d'une scène de Réjeanne Padovani. C'était assez rigolo.
Voir les amis de Rémy venus lui faire leurs adieux dans Les invasions barbares sur la musique de Philip Glass était de loin le moment le plus touchant de la soirée.
Personnellement, devant le fameux travelling d'ouverture du Déclin de l'empire américain, j'ai senti une grande boucle se refermer. Je me suis revu assis dans la salle Dauphin du cinéma Odéon, le jour où j'ai vu ce film pour la première fois. C'était l'époque où j'étudiais au Conservatoire de musique de Québec. C'était aussi celle où je jouais les timbales au sein des Violons du Roy.
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GALA-BÉNÉFICE DES VIOLONS DU ROY. Direction : Mathieu Lussier, chef d'orchestre. Solistes : Florie Valiquette, soprano, Emma Char, mezzo-soprano et Jean-Michel Richer, ténor. G.F. Handel : Concerto grosso en ré majeur, op. 6 no 5 ; Piangero la sorte mia , extrait de Giulio Cesare. A.M. Grétry : Du moment qu'on aime, extrait de Zémire & Azor. P. Glass : Facades (1981). C.W. Gluck : Che faro senza Euridice, extrait de Orfeo ed Euridice. J.B. Pergolesi : extraits du Stabat Mater. Jeudi soir à la salle Raoul-Jobin.