L'incendie était très difficile à maîtriser. Au moment d'écrire ces lignes, en fin de soirée, il n'était toujours pas circonscrit.

Violent incendie au centre-ville de Matane

Un violent incendie s'est déclaré vers 13h samedi dans un édifice de dix logements du centre-ville de Matane. Le sinistre a jeté à la rue une vingtaine de locataires, dont certains qui n'étaient pas assurés. Les pompiers ont réussi à faire évacuer tous les occupants du bâtiment en feu. Devant l'intensité du brasier, les sapeurs, aidés de policiers de la Sûreté du Québec, ont également fait sortir les locataires d'un autre immeuble à logements adjacent. Personne n'a été blessé.
Les pompiers de Matane, qui ont dû demander du renfort de leurs confrères des casernes de la MRC de la Matanie et de Saint-Ulric, ont mis plus de deux heures avant de commencer à arroser les flammes, craignant que certaines personnes n'aient pas encore été évacuées. Par conséquent, les flammes se sont vite propagées à l'ensemble de l'édifice. Le feu aurait pris naissance dans un panneau électrique du sous-sol du bâtiment situé sur la rue J.-Octave-Lebel. Des employés d'Hydro-Québec ont également été dépêchés sur les lieux afin de couper l'alimentation électrique du secteur.
Lors de l'évacuation d'urgence, une jeune femme est sortie sur le trottoir en pyjama, accompagnée d'un homme tenant un bébé dans une couverture. Une autre, qui semblait en état de choc, s'est éloignée du brasier et s'est effondrée dans le stationnement d'une résidence située à proximité du brasier. Une ambulancière lui a offert du secours. «Elle m'a dit qu'elle était correcte, rapporte la technicienne paramédicale. Elle a de la peine et c'est normal.»
«Je n'ai pas eu connaissance de rien, raconte une sinistrée, Solange Simoneau, visiblement abasourdie par la situation. Ce sont les pompiers qui sont venus frapper à ma porte pour me faire sortir. Heureusement, je suis assurée. Mais il y a plusieurs choses, comme des souvenirs, qui ne se remplacent pas. J'ai pas eu le temps de sortir mon porte-monnaie avec mon argent et mes cartes. Je crois bien avoir tout perdu.» La dame a été prise en charge par une amie qui pleurait à chaudes larmes, avant de l'amener chez elle.
Arrivés sur les lieux en fin d'après-midi, les bénévoles de la Croix-Rouge étaient à la recherche de sinistrés qui auraient pu avoir besoin de leur assistance. Mais la plupart d'entre eux avaient trouvé refuge chez des proches.
L'incendie était très difficile à maîtriser. Au moment d'écrire ces lignes, en fin de soirée, il n'était toujours pas circonscrit. Les policiers étaient toujours sur place afin de recueillir des témoignages aux fins d'enquête. Cependant, rien ne laissait croire à un acte criminel. La cause serait plutôt d'origine électrique.
Selon toute vraisemblance, le bâtiment serait une perte totale. Des centaines de badauds, dont le maire de l'endroit, Jérôme Landry, regardaient avec désolation la scène, pendant qu'un écran de fumée flottait sur une immense surface de la ville de Matane.