La constance et l'efficacité de Vincent Vallières ont une nouvelle fois fait mouche vendredi, dans un théâtre Impérial aussi bondé que conquis.

Vincent Vallières: l'éternel bon gars

On ne va pas voir Vincent Vallières pour être surpris. D'un rendez-vous à l'autre, le musicien demeure fidèle à ses complices, à ses chansons fétiches, à ses sujets de prédilection, à son image de bon gars rassembleur... À lui-même, quoi!
Difficile de lui reprocher, c'est exactement pour cette raison que son public l'aime. Sa constance et son efficacité ont une nouvelle fois fait mouche vendredi, dans un théâtre Impérial aussi bondé que conquis.
Le chanteur nous a bien fait rigoler lorsqu'il a raconté la promesse qu'il avait formulée en secondaire I de ne jamais écrire de chansons d'amour, d'espoir ou «trop de bonne humeur». Un registre qui est justement devenu sa signature, réaffirmée avec la parution de son sixième album, Fabriquer l'aube.
Ses plus récentes compositions sont presque toutes passées, vendredi, dans ce nouveau spectacle savamment construit pour mettre en relief les contrastes de son répertoire. Le côté rock a été exacerbé avec agilité par un groupe (Andre Papanicolaou, Michel-Olivier Gasse et Simon Blouin) à l'indéniable cohésion : ça fait un bail qu'ils jouent ensemble et ça s'entend. Les plus vieilles Café Lézard et Le temps passe ont été particulièrement bien servies dans un segment plus pesant.
À l'autre extrême, Vallières s'est gardé des moments d'intimité en tête-à-tête avec son public pour la militante Asbestos et la très belle Fermont. L'incontournable moment de communion généré par la locomotive On va s'aimer encore est arrivé à la toute fin du concert. On pouvait s'y attendre.
Reprise de Cohen
Mais Vincent Vallières réservait au moins une surprise à son public : une adaptation de la pièce Everybody Knows de Leonard Cohen, traduite en français pour l'occasion. Voilà un chouette coup de chapeau à celui qui lui a permis, grâce à une bourse, d'effectuer une tournée pour des élèves du secondaire. Un bon gars, qu'on vous disait!
Vincent Vallières avait confié à son complice guitariste Andre Papanicolaou le soin d'ouvrir la soirée. Le musicien s'est acquitté de sa tâche de bien sympathique - et humoristique! - façon, devant un parterre aux qualités d'écoute variables. La folk intimiste gravée sur son premier album solo, paru il y a un an, n'a malheureusement pas réussi à faire taire la rumeur des fans qui attendaient le programme principal.