Les Nouvelles-Casernes pourraient accueillir les halles du Vieux-Québec lorsque la Ville décidera de leur donner une seconde vie.

Vieux-Québec: un projet de halles dans les cartons

Une boucherie, une charcuterie, une boulangerie et une épicerie sous un même toit dans le Vieux-Québec? Voilà ce que proposent les acteurs de l'arrondissement historique avec leur projet de halles afin que ses résidents puissent faire leurs courses à prix raisonnable sans avoir à parcourir des kilomètres pour s'acheter des tomates en conserve.
La semaine dernière, la conseillère municipale et présidente de la Table de concertation du Vieux-Québec, Julie Lemieux, a révélé que le regroupement comptant une vingtaine de membres planchait sur cette idée qui permettrait de bonifier l'offre de commerces de proximité dans le secteur. «Ce ne serait pas du luxe!» avait-elle laissé tomber.
La Table de concertation a dans la mire deux emplacements possibles pour les futures halles, soit les Nouvelles-Casernes lorsque Québec décidera de leur donner une seconde vie et l'un des terrains excédentaires de L'Hôtel-Dieu, l'îlot Charlevoix, où avait pignon sur rue l'entreprise de location de voitures Budget à l'intersection de la rue Charlevoix et de la côte du Palais.
Mme Lemieux avait aussi laissé entendre que ce terrain pourrait être acheté par la Ville, ou encore que celle-ci pourrait s'unir avec d'autres promoteurs. Mais pour le président de l'Association des gens d'affaires du Vieux-Québec, Jean-Pierre Du Sault, une chose est certaine: la municipalité doit s'assurer que les futurs commerçants ne déboursent pas des sommes astronomiques pour le loyer.
Le maire enthousiaste
«Il faut qu'il y ait un allégement fiscal au niveau de la Ville», soutient celui qui se réjouit de l'accueil positif de cette dernière pour l'ensemble du dossier. Le maire de Québec, Régis Labeaume, avait aussi évoqué avec enthousiasme le projet lors d'un point de presse, soulignant à quel point tous les joueurs importants de l'arrondissement historique s'entendaient sur sa nécessité.
La proximité d'un éventuel marché couvert dans le Vieux-Québec avec de nombreuses tables gastronomiques pourrait être mise à profit afin de lui fournir ce caractère distinctif. «Par exemple, Boulay pourrait avoir un comptoir», illustre M. Du Sault. Mais attention, cela ne doit pas supplanter l'offre de produits de base abordable, prévient-il. Le président du Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ), Jean Rousseau, évoque de son côté un lieu similaire à celui des Halles du Petit Quartier, dans le quartier Montcalm.
Choix de commerces
«On aimerait pouvoir créer une vie de quartier dans le Vieux-Québec», fait-il valoir. Actuellement, déplore-t-il, les citoyens qui habitent l'arrondissement historique n'ont aucun lieu pour se réunir de manière informelle. Le choix des commerces qui s'y implanteraient serait savamment étudié pour atteindre ces buts. «Des boutiques de souvenirs, il y en a trop!» laisse tomber M. Rousseau. Pour le CCVQ, il est essentiel que le secteur réponde aux besoins de l'ensemble de sa clientèle, qui comprend, en plus des individus plus aisés, des familles à revenus modestes. D'autant plus, dit-il, que des projets de coopératives d'habitation ont aussi germé au cours des derniers mois.
Par ailleurs, les membres de la Table de concertation du Vieux-Québec assurent que les futures halles seraient complémentaires à l'offre du Marché du Vieux-Port. Son directeur, Daniel Tremblay, n'est pas inquiet. «Il y a un besoin d'offre alimentaire plus élargi», reconnaît celui qui voit même la possibilité d'une collaboration entre les deux entités.
Petit bémol cependant, M. Tremblay n'est pas en mesure de prédire ce qu'ont en tête l'administration du Port de Québec et la municipalité pour l'avenir du Marché et conséquemment si de nouvelles halles seraient concurrentielles avec sa formule renouvelée. «On est en mode attente», conclut-il.
Une idée vieille de 27 ans
L'idée d'implanter des halles dans le Vieux-Québec n'est pas nouvelle. Un projet semblable avait été imaginé en 1987 dans l'édifice de l'ancien cinéma Empire sur la côte de la Fabrique, là où loge actuellement le magasin Simons.
Après la fermeture du cinéma au début des années 80, la vocation de l'espace avait fait couler beaucoup d'encre. Ce n'est qu'en 1987 qu'un projet porteur voit enfin le jour, soit celui de «halles du quartier latin». Sous la plume de Louis-Guy Lemieux, Le Soleil de l'époque dévoilait le 3 juin que le promoteur, dont le nom est alors inconnu, souhaite attirer des commerces d'alimentation pour les gens du quartier mais aussi des boutiques haut de gamme.
Il était question de transformer l'édifice en une large allée commerciale couverte qui relierait la côte de la Fabrique à la rue Garneau et que la vue de celle-ci soit largement dégagée. «L'ouverture sur la rue Garneau serait en vitrines», précisait également notre ex-collègue.