Le Festival d'été dit tenir à une certaine démocratisation de son laissez-passer, mais est irrité par la revente à grande échelle.

Vers une passe individuelle pour freiner la «commercialisation parallèle»

Visiblement irritée par la «commercialisation parallèle» de ses laissez-passer, la direction du Festival d'été de Québec (FEQ) songe toujours à en produire un qui ne serait plus transférable de personne à personne afin de contrer le phénomène.
Le récent cas de 514-Billets, un réseau de revente qui semble détenir une bonne quantité de bracelets, les vendant même depuis des quartiers généraux temporaires à Québec, a ravivé les réflexions au FEQ. «Un beau jour [si ça continue], notre bracelet ne sera plus transférable. Ça fait partie des réflexions», a expliqué Luci Tremblay, porte-parole du FEQ, samedi. Une idée qui avait d'abord été évoquée lors du lancement de la programmation 2015, en avril.
Signe que la revente à plus grande échelle est un caillou dans le soulier de l'organisation, le directeur général du FEQ, Daniel Gélinas, a lui-même bifurqué vers le sujet, samedi, lors d'un entretien avec Le Soleil.
Invité à commenter le modèle d'affaires du festival et ses ventes en billetteries, M. Gélinas a rapidement évoqué «le problème». «Il y en a qui utilisent notre marque et notre modèle pour faire une commercialisation parallèle», a-t-il déploré. Faites-vous référence à 514-Billets et Shareapass? «Entre autres.»
Le FEQ dit tenir à conserver une certaine démocratisation de son laissez-passer. «Notre modèle d'affaires est démocratique. On fait quelque chose d'éminemment différent de ce qui se fait ailleurs», a plaidé M. Gélinas, qui vante la possibilité pour les membres d'une même famille ou d'un cercle relativement fermé de se prêter les bracelets pour une soirée.
S'il tient à son modèle, le dg du FEQ ne semble plus entendre à rire avec la revente. «Il n'y a pas de business à faire», a-t-il alors tranché, avant de couper court à la discussion.
«Work in progress»
Peu avant la fin de la discussion avec Daniel Gélinas, ce dernier a rappelé que les stratégies de vente du FEQ étaient en constante évolution. «C'est un work in progress». Un commentaire émis après au lendemain d'un entretien du Soleil avec Daniel Rossellat, directeur général du Paléo Festival de Nyon, en Suisse.
Ce dernier suggérait au FEQ de mettre moins de laissez-passer en circulation et de mettre en vente des accès quotidiens. «Ce que je crois, c'est que le FEQ devrait probablement mettre en circulation moins de passes pour toute la durée du festival et émettre des billets quotidiens pour éviter que les gens achètent un laissez-passer et ne s'en servent pas tous les soirs», a-t-il fait valoir dans nos pages.
Un processus qui s'appliquerait difficilement au FEQ, croit Daniel Gélinas, «malgré tout le respect que j'ai pour M. Rossellat et son beau festival».
«Labeaume ne comprend pas tout»
Le maire de Québec, Régis Labeaume, n'a toujours pas parlé à Daniel Gélinas concernant Shareapass, l'entreprise de Québec ayant mis au point une plate-forme de partage de laissez-passer. Jeudi, M. Labeaume s'est engagé à parler au directeur général du Festival d'été de Québec, devant le fondateur de la jeune compagnie de surcroît, laissant entendre qu'il allait travailler pour lui.
Daniel Gélinas a fait savoir samedi que le maire ne lui avait pas encore fait signe, et s'est permis de le remettre à l'ordre. «M. le maire ne comprend pas non plus toute l'histoire, ne comprend pas tout le processus sur cette question-là», a lancé M. Gélinas.
Ce dernier croit qu'une plate-forme comme Shareapass s'appliquerait mieux à d'autres usages, comme les abonnements de théâtre ou encore les abonnements de saison pour assister à des matchs de sport.