Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, promet de redonner 1000 $ aux Québécois sous forme de baisses d'impôt et de taxes.

Vérification faite: la dette et la consommation des ménages

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, promet de redonner 1000 $ aux Québécois sous forme de baisses d'impôt et de taxes. Selon le politicien, les Québécois sont trop endettés et n'ont plus de marge de manoeuvre financière. Ils consommeraient donc moins dans les commerces, nuisant du coup à l'économie.
> Les faits
L'endettement des ménages québécois fait l'unanimité. En décembre dernier, le ratio d'endettement des ménages a fracassé un autre record, atteignant 163,7 %. Depuis 1990, l'endettement augmente sept fois plus vite que les revenus, selon l'Institut Vanier de la famille.
Les politiciens ont l'habitude de se battre sur la dette du Québec, mais pas sur celle des ménages. La plupart admettent que le crédit à la consommation répandu chez les familles est problématique.
Peut-on en conclure pour autant que les Québécois consomment moins?
Selon l'Institut de la statistique du Québec, les dépenses en consommation courante ont à peine bougé entre 2004 et 2009. Les chiffres de l'ISQ sont en dollars constants, et tiennent donc compte de l'inflation annuelle et des variations du coût de la vie.
En 2004, un ménage moyen dépensait 42 276 $ en dépenses courantes (alimentation, logement, loisirs, transport, alcool, etc.). En 2009, les dépenses atteignent 42 411 $. C'est moins que 2005, 2006 et 2007. Les dépenses en logement ont certes augmenté, mais celles liées à l'alimentation ou à l'alcool ont diminué.
Au final, la consommation des Québécois a donc stagné. Or, pour certains économistes et politiciens, c'est avant tout la croissance des dépenses des citoyens qui stimule l'économie.
=> Le verdict
La CAQ a raison de dire que les ménages québécois sont endettés et consomment moins depuis quelques années. Difficile de prédire cependant si la baisse d'impôt promise se traduirait par une hausse de la consommation, les ménages pouvant préférer rembourser leurs dettes ou épargner.