Vanessa, une chaîne qui fesse!

Un lancement organisé par Anne-Marie Losique n'est jamais banal. On a déjà été reçus dans son luxueux penthouse, on a même visionné une émission érotico-porno en compagnie de danseuses survoltées.
Vous pouvez la croire ou non : Anne-Marie Losique, que l'on voit ci-dessus lors de sa dernière apparition à T<em>out le monde en parle</em>, dit ne pas con­sommer de pornographie. Et elle n'a que faire de la réputation de collusion du monde de la pornographie avec le crime organisé.
Mercredi après-midi, c'est dans une suite de l'hôtel Swann au centre-ville de Montréal que la reine québécoise du «X» a dévoilé sa nouvelle chaîne, Vanessa, en ondes dès ce soir à 22h. Elle ouvrira elle-même cette chaîne de divertissement pour adultes par un message de bienvenue.
Contrairement à ses plantureuses vedettes, Vanessa ne sera pas dévoilée gratuitement pour ses premiers mois d'existence. Il en coûtera 14,99 $ par mois pour y être abonné. Son slogan : «Tu me provoques.»
Et jusqu'où ira le voyeurisme sur Vanessa? De 6h à 23h, on parle de soft porn, qui fait un retour en force selon le magazine GQ. On parle d'émissions coquines de toutes sortes, de la téléréalité aux documentaires (oui, oui!) et, éventuellement, de séries de fiction. On fait même la cuisine avec Nino Dolce : chef et latin lover, de la chaîne Playboy d'Amérique latine, où un «guido» fricote, entouré de beautés plastiques.
À partir de 23h, on monte d'au moins deux crans en matière d'images explicites. Films XXX (un par jour), téléréalités subversives et trash, majoritairement doublées en France, quoique certaines le sont au Québec. L'une des plus explicites, Gonzoland, propose des scénarios très crus.
Mais pourquoi donc l'amateur de «X» paierait-il pour Vanessa, alors qu'il peut très bien se satisfaire sur Internet? Le directeur des contenus, Pierre Thibeault, anciennement à l'hebdomadaire Ici, dit avoir cherché de par le monde pour dénicher ce qui se fait de mieux dans le domaine. Selon lui, il y a un public pour ce genre de produits, qui ne sont pas offerts gratuitement sur Internet.
La boîte d'Anne-Marie Losique, Sex Shop Télévision, produit plusieurs émissions pour la chaîne, notamment des capsules où deux bimbos interrogent l'hom­me de la rue sur ses habitudes sexuelles. Dans l'une d'elles, un facteur se sauve des caméras pour ne pas répondre. En plus de produire l'émission Joujou(x), sur les gadgets érotiques, Sex Shop Télévision prépare pour janvier une téléréalité réalisée dans un bar de danseuses, le Zipper, et un talk-show animé par Anne-Marie Losique.
Vous pouvez la croire ou non : Anne-Marie Losique dit ne pas con­sommer de pornographie. Et elle n'a que faire de la réputation de collusion du monde de la pornographie avec le crime organisé. «Je travaille avec des gens qui ont bonne réputation, mais je ne peux pas me porter garante pour tout le monde qui travaille avec nous», affirme-t-elle lorsqu'on évoque le sujet. Pierre Thibeault précise s'être assuré que tout le monde avait été décemment payé et non exploité dans toutes les productions acquises.
Vanessa s'adresse au couple en général. On croit attirer les jeunes avec des titres plus humoristiques, comme Plan à 4, qui réunit quatre célibataires dans une villa, et Boy Nexxt Door, où un livreur de pizzas met sur pied sa propre compagnie de porno dans le sous-sol de ses parents. Maxim Martin et Seb Lozon décriront les matchs de la Lingerie Football League.
D'abord destinée à un public hétérosexuel, Vanessa ouvrira une case horaire gaie d'ici janvier. La chaîne doit diffuser au moins 20 % de contenu canadien, mais va au-delà des exigences avec 40 %. Tous les distributeurs la rendront disponible, sauf Shaw Direct, pour l'instant. Un équivalent anglophone de Vanessa sera lancé en octobre 2011.
Le coming out forcé de Joël Legendre
Joël Legendre, dont Le Journal de Montréal a révélé l'orientation sexuelle sans son consentement mercredi, réagira sur le plateau de Tout le monde en parle dimanche soir.
Les cofondateurs du Réseau Liberté-Québec, Joanne Marcotte et Éric Duhaime, seront aussi de la soirée, de même que Julie Bélanger, Jean-Thomas Jobin, les journalistes André Cédilot et André Noël, et Jonathan Duhamel, finaliste aux Séries mondiales de poker.