En tournée avec Taylor Swift, l'auteur-compositeur-interprète australien Vance Joy délaisse jeudi son rôle de «première partie» pour prendre la tête d'affiche de la soirée du parc de la Francophonie.

Vance Joy: vague de fond

Alors qu'il sillonne ces temps-ci l'Amérique avec la chanteuse Taylor Swift, Vance Joy a un horaire de travail qui a de quoi donner le tournis... L'auteur-compositeur-interprète australien en a vu d'autres : depuis que sa chanson Riptide est devenue un hit international, il a été happé par une vague qui ne semble pas faiblir. Voilà qu'il laisse jeudi soir son rôle de «première partie» pour lancer en bonne et due forme le Festival d'été au parc de la Francophonie. Et il n'est pas peu content de le faire.
«C'est vraiment le fun de jouer plus longtemps. Ces derniers temps, on a eu des foules tellement enthousiastes et accueillantes. On est déjà gonflés à bloc... Et de faire son propre show, c'est certain que ça ajoute un peu d'excitation. On va avoir du fun, on va donner tout ce qu'on a», a lancé mardi celui qui prendra part jeudi soir à son baptême des planches dans la capitale.  
Avec ses airs folk-pop, Vance Joy, James Keogh de son vrai nom, précédera Taylor Swift sur les planches de stades et d'arénas pendant encore plusieurs mois. Il ne retournera chez lui qu'en novembre, alors que la tournée 1989 doit se transposer en Australie. «Je prévois que je vais commencer à m'ennuyer de la maison autour de septembre. Je ne me permets pas de le faire avant ça», confie le chanteur. Il se dit privilégié de prendre part à l'expérience, qu'il décrit comme très formatrice. 
«D'être placé devant autant de gens, ça te permet de devenir un meilleur performeur. Et c'est vraiment le fun», croit celui qui se dit quand même encore un peu intimidé par la grandeur des salles où il est appelé à jouer. «Je commence à m'y faire, ajoute-t-il. J'ai ce sentiment quand j'arrive au stade ou à l'aréna, en sortant de la voiture, où je me demande comment ça va se passer cette fois. Il reste cette petite inquiétude. Mais ça aussi, c'est formateur. On apprend de ces situations qui font un peu peur, qui nous sortent de notre zone de confiance. Et quand tu sors de scène et que tout a bien été, c'est fantastique de sentir qu'on s'est dépassé.»
Hausse vertigineuse
Vance Joy a vécu une ascension aussi rapide que vertigineuse dans le show-business, alors que le ver d'oreille Riptide s'est hissé en 2013 au sommet des palmarès chez lui, mais aussi en Europe et de notre côté du monde. Voilà que le jeune musicien s'est retrouvé dans une tournée qu'il décrit comme «étourdissante» avant d'avoir eu le temps de terminer son premier album, Dream Your Life Away, finalement paru l'année suivante. 
«C'est une chanson qui m'a ouvert beaucoup de portes. Et elle continue de le faire. Je suis juste chanceux d'avoir ça», observe l'auteur-compositeur-interprète, qui ne nie pas non plus qu'un premier succès à la Riptide a de quoi mettre de la pression sur les épaules d'un artiste en pleine création. 
«Quand une compagnie de disques entend une chanson comme celle-là, elle en veut cinq autres! note-t-il. Mais toutes les chansons sont uniques. Il n'y a pas vraiment de recette. Il faut les écrire comme elles arrivent. J'avais quelques pièces et j'ai pris le temps qu'il fallait pour en créer d'autres. Mettre cet album sur pied a été un processus plutôt long, mais même avec toute cette pression, les chansons continuaient de se pointer.»
Riptide est bien sûr devenue incontournable dans les prestations de Vance Joy, qui ne résiste pas au courant. «Ça ne m'appartient plus, évoque-t-il. On est arrivé tellement loin du processus d'écriture, c'est devenu un peu une propriété publique. Mais c'est une bonne chose. Quand tu écris une chanson et que tu sais que c'en est une bonne, tu te demandes un peu d'où ça sort et comment c'est arrivé. Donc, j'imagine que c'est normal que ça ne t'appartienne plus tout à fait quand les fans se l'approprient.»
Du foot à la musique
James Keogh garde un souvenir impérissable de sa première prestation en sol québécois. «C'était dans un petit bar montréalais devant une centaine de personnes, décrit-il. Les gens connaissaient mon minialbum par coeur, ils ont chanté toutes les chansons. C'était la chose la plus cool au monde, c'était fou! Là, j'étais étourdi!»
Il n'y a pas si longtemps, l'Australien de 27 ans ne s'imaginait pourtant pas faire résonner guitares et ukulélés à l'autre bout du monde, lui qui a tâté des études en droit et du football semi-pro avant de se laisser emporter par la musique. 
«J'avais de grands plans plutôt vagues! relate-t-il. Je voulais faire quelque chose et je ne voulais pas mettre de limite à ce que je pouvais faire. Mais je n'ai pas vu ça venir. Mes visées étaient pas mal plus basses! On dirait que faire des choses que tu n'attendais pas te force à revoir tes ambitions...»
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Qui : Vance Joy
Quand : jeudi soir, à 21h30
 : parc de la Francophonie
Accès : laissez-passer
Info : www.infofestival.com