Dans la préparation de son premier spectacle d'humour, Valérie Blais n'a pas délaissé son travail de comédienne pour autant : on la verra dans le prochain film de Léa Pool, La passion d'Augustine, tourné le printemps dernier.

Valérie Blais: mordante, mais pas trop...

À grand renfort de répliques assassines et de techniques d'autodéfense délirantes, Valérie Blais a marqué les imaginaires avec la version décalée d'elle-même présentée à la télé dans la comédie Tout sur moi. Alors qu'elle monte dans l'arène de l'humour avec un premier spectacle solo, la comédienne assure qu'elle n'a pas totalement dompté son côté mordant... Mais elle ne lui laisse pas non plus toute la place.
«Beaucoup de gens qui viennent voir mon show m'ont connue dans Tout sur moi et ils ont bien le goût de la voir, cette Valérie-là, précise-t-elle. Je la donne, ultimement. Mais pas trop. Elle est tellement violente, je ne voulais pas mettre que ça en avant, parce que je ne suis pas que ça.»
La comédienne reconnaît que la série dans laquelle elle partageait l'écran avec Macha Limonchik et Éric Bernier a contribué à nourrir sa démarche humoristique. Même si l'image - aussi décapante que drôle - qu'elle y projetait n'est pas si fidèle à la réalité. «Je suis la plus romantique des trois, la plus rêveuse», confie-t-elle, ajoutant qu'elle avait appris dans l'écriture «punchée» de Stéphane Bourguignon l'efficacité comique de l'autodérision.
«Son moteur, c'était l'humiliation, illustre-t-elle. Éric en bobettes qui chante du Queen dans un centre pour personnes âgées... Fallait le faire! Au début, c'est dur. Mais quand tu embrasses la situation, c'est très payant. C'est ça un clown : il rit de lui. Charlie Chaplin, il s'humiliait à mort. C'est ça qui est drôle. Charlot, il est drôle parce qu'il fait pitié pour vrai.»
«Un monstre à trois têtes»
Dans l'élaboration de son spectacle, Valérie Blais dit avoir adopté l'angle de la «grosse naïve». «Je dis des énormités et je ne m'en rends pas compte. Ça me donne tous les droits!» lance la nouvelle humoriste, qui a élaboré ses textes avec l'auteure Marie-Andrée Labbé et la metteure en scène Josée Fortier, récompensée d'un Olivier pour le dernier spectacle d'André Sauvé.
«C'est vraiment un monstre à trois têtes. Trois têtes de filles et trois générations : une boumeuse, une X et une Y. Ça, c'est ben le fun. Ça nous a valu la pièce maîtresse de mon spectacle qui est un numéro de près d'une demi-heure sur les générations», décrit Valérie Blais. Celle-ci a aussi pu compter dans l'élaboration de sa mise en scène sur l'oeil du complice Éric Bernier.
À l'aise sur scène - «c'est ma maison», évoque-t-elle -, Valérie Blais a néanmoins dû se familiariser avec la dynamique de l'humour. Elle décrit des expériences plus difficiles dans les bars, puis un rendez-vous marquant avec le public de Saint-Romuald, où elle a senti le déclic lors de sa première prestation d'une heure.
«En humour, ton partenaire de jeu, c'est le public, indique-t-elle. Faut que tu t'ajustes, parce que d'un soir à l'autre, ce n'est pas le même. Il y a une dimension tellement sportive, ça crée la dépendance. C'est comme faire du parachute. Quand tu réussis à faire rire les gens du début à la fin, c'est un sentiment d'accomplissement incroyable. Tu as franchement le sentiment de leur faire du bien, sur place. Quand il y a un quatrième mur, tu le sais au salut. Là, tu le sais tout de suite... Mais tu le sais tout de suite si ça ne marche pas, aussi.»
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Qui : Valérie Blais
Quand : 2 décembre à 20h
Où : Grand Théâtre
Billets : 38 $
Info : 418 643-8131
Dans la caméra de Léa Pool
Dans la préparation de son premier spectacle d'humour, Valérie Blais n'a pas délaissé son travail de comédienne pour autant : on la verra dans le prochain film de Léa Pool, La passion d'Augustine, tourné le printemps dernier.
Aux côtés de Céline Bonnier, de Diane Lavallée, de Pierrette Robitaille et d'Andrée Lachapelle, notamment, elle s'est glissée dans la peau d'une religieuse à une période de grand bouleversement pour la congrégation.
«C'est l'histoire d'un petit couvent où il se faisait de la musique dans les années 60 et qui va mourir de sa belle mort parce que le gouvernement décide de créer des polyvalentes. Pendant 50 ans, je pense que les boomers n'avaient plus envie de parler de religion, on le comprend. Mais c'est un sujet avec lequel on peut revenir», résume la comédienne.
François Dompierre signe les arrangements musicaux du film, qui met aussi à profit les voix des choristes du Conservatoire de Montréal.
«C'est un très beau film, avec des images à la Jean Paul Lemieux tournées dans de grands champs blancs», ajoute Valérie Blais.