Si la profession d'ingénieur a longtemps été un milieu d'hommes, les femmes prennent une place de plus en plus grande dans le milieu.

Une relève assurée en ingénierie

Malmenée par les révélations des dernières années, la profession d'ingénieur fait cependant preuve de résilience. La relève semble assurée et les avancées technologiques ouvrent la porte à une toute nouvelle génération d'ingénieurs.
Le développement technologique des sociétés modernes signifie un besoin grandissant d'ingénieurs prêts à affronter les défis de demain. Et malgré le nombre élevé de départs à la retraite, la relève à court terme semble assurée.
«Les universités produisent 3000 nouveaux ingénieurs par année, contre 3000 départs à la retraite», indique M. Yves Lavoie, président du Conseil d'administration du Réseau des ingénieurs.
Outre les ingénieurs fraîchement diplômés, M. Lavoie ajoute pouvoir «mettre à profit tous les collègues de l'étranger dont le diplôme est reconnu au Québec.» 
De nouvelles opportunités
Le développpement technologique ouvre une multitude de possibilités aux ingénieurs. 
M. Lavoie cite en exemple le transport intelligent, «qui profitera aux baby-boomers qui prennent de l'âge». 
Tous les domaines liés à l'environnement sont aussi en demande, avec l'électrification des transports et les carburants alternatifs, les possibilités sont immenses. Même chose du côté des nouveaux matériaux.
Les télécommunications ouvrent également un éventail de possibilités, avec le développement rapide du domaine.
Si les domaines liés à l'ingénierie sont vastes, les tâches occupées par les ingénieurs le sont tout autant.
De la recherche et développement au génie conseil, et de la gestion de projet à l'ingénierie de détail et de conception, voilà toutes sortes de domaines où l'ingénieur peut travailler.  
Féminisation
Si la profession d'ingénieur a longtemps été un milieu d'hommes, les femmes prennent une place de plus en plus grande dans le milieu.
Yves Lavoie affirme que les femmes s'orientent davantage vers les domaines liés à l'environnement ceux qui touchent l'humain, au contraire des hommes qui sont davantage implantés dans le domaine industriel.
«Elles sont surtout présentes dans les domaines liés à l'environnement, au biomédical et à la chimie.», poursuit M. Lavoie.
«Nos collègues féminines comptent maintenant pour 13% de tous les ingénieurs». Elles comptent donc pour près de 8000 sur les 60 882 membres inscrites à l'Ordre des ingénieurs du Québec. 
D'ailleurs, le Réseau soutient l'initiative #Ilooklikeanengineer (Je ressemble à un ingénieur), visant à faire la promotion des femmes en ingénierie, à combattre les stéréotypes associés à cette profession typiquement masculine et à démontrer toute la diversité au sein de la profession.
Image de la profession
Malgré les travaux de la commission Charbonneau, qui ont jeté un certain voile sur la profession d'ingénieur, du moins aux yeux du grand public, M. Lavoie n'est pas inquiet de l'impact sur l'image de la profession.
«Les collusionnaires ont été indentifiés et les entreprises ont pris les moyens nécessaires pour corriger les problèmes», affirme avec confiance M. Lavoie.
Le Réseau des ingénieurs du Québec - à ne pas confondre avec l'Ordre -  vise à valoriser l'ingénieur auprès de de la population et d'offrir de la formation continue auprès de ses membres.
Quelques chiffres
• 24 332 membres de l'Ordre des ingénieurs ont moins de 39 ans
• 10 040 pratiquent le génie civil
• 7904 pratiquent le génie électrique
• 6031 pratiquent le génie mécanique
• 6508 habitent la grande région de Québec
Une profession toujours lucrative
Le génie a toujours été une profession attirante pour son impact sur le monde, mais également pour les salaires alléchants qu'elle offre.
C'est ce que démontre l'enquête sur les salaires menée en mars 2015 par le Réseau des ingénieurs du Québec.
Selon les résultats, l'ingénieur moyen au Québec est un homme, gagnant un salaire annuel de 95 700$ et qui travaille 42 heures par semaine.
Les ingénieurs oeuvrant dans le secteurs public (97 200$) sont en moyenne un peu mieux payés que ceux travaillant dans le secteur privé (95 300$). Or, le secteur privé offre une meilleure rémunération  au fur et à mesure qu'augmentent les années d'expérience.
Pour les jeunes ingénieurs, la rémunération est très intéressante, tant dans le secteur public que privé. Pour les employés possédant moins de trois années d'expérience, le revenu moyen, dans le secteur public est de 54 900$ contre 58 400$ dans le secteur privé, ce qui est bien au-delà du salaire moyen au Québec, qui tourne autour de 45 000$.