Une première production maison pour lancer le Festival d'opéra de Québec

Philippe Soldevila renonce sans trop de regret à ses vacances cet été. L'offre du Festival d'opéra de Québec, voyez-vous, est de celles qu'un metteur en scène ne refuse pas. Seize interprètes, des dizaines de costumes, des éclairages. Bref, une grosse production. Sans compter qu'avec L'Enfant et les sortilèges de Maurice Ravel, il aura pour la première fois la chance de monter un opéra. «Je suis gâté, dit-il. C'est une pièce magnifique. Pour moi, c'est vraiment un cadeau.»
<p>L'Enfant est joué par la mezzo-soprano Julie Boulianne. </p>
L'Enfant passe sa rage sur les objets qui l'entourent. Le Fauteuil, l'Horloge, la Théière et la Tasse, le Feu de la cheminée, le Pastoureau et la Bergère désapprouvent son comportement dans une série de fines parodies musicales.
OEuvre initiatique sur le passage de l'enfance à l'adolescence, la fantaisie lyrique composée sur un livret de Colette tourne autour du personnage de l'Enfant.
Parce que ce dernier refuse de faire ses devoirs, Mère l'envoie réfléchir dans sa chambre. L'Enfant passe sa rage sur les objets qui l'entourent. Le Fauteuil, l'Horloge, la Théière et la Tasse, le Feu de la cheminée, le Pastoureau et la Bergère désapprouvent son comportement dans une série de fines parodies musicales. Apparaissent la Princesse, un Vieillard, des Chiffres, deux Chats, puis une Libellule et encore d'autres créatures venues punir l'Enfant. À la fin, celui-ci s'effondre d'épuisement. La leçon a porté ses fruits.
Production maison
Le Festival d'opéra de Québec présente avec L'Enfant et les sortilèges sa toute première production maison. Elle constitue une pièce rêvée pour des concepteurs. Si beaucoup d'éléments sont indiqués clairement dans la partition, de nombreuses pistes peuvent être explorées. Philippe Soldevila a eu carte blanche pour choisir ses collaborateurs. Il s'est entouré d'Érica Schmitz (costumes), de Claudia Gendreau (décor) et de Geneviève Dorion-Coupal (chorégraphie).
«J'ai essayé de faire des choix qui ne soient pas trop bonbon, qui soient esthétiquement intéressants, indique-t-il. Il a fallu concevoir un costume d'écureuil ou de renard sans tomber dans la mascotte, ce qui serait pour moi un cauchemar.» Il y avait aussi tout un travail à accomplir sur le mouvement, puisque, en plus de concevoir la chorégraphie des moments dansés, il fallait créer une gestuelle appropriée à chacun des objets animés.
Pour le reste, le metteur en scène fait confiance à l'intelligence des enfants et des adultes. «Les personnages sont déjà très fantaisistes. Je n'ai pas besoin d'insister. J'ai seulement ajouté quatre interprètes qui ont des habiletés physiques aux huit solistes et aux quatre choristes. Ils vont nous aider à construire cette faune-là et cet espace-là. Il s'agit d'une mécanique assez complexe. Les gens vont en avoir plein les yeux. Et en coulisse, ce sera aussi tout un spectacle. Ça va courir!»
L'oeuvre d'une cinquantaine de minutes prend l'affiche à la salle Octave-Crémazie dans la version de chambre pour flûte, violoncelle et piano à quatre mains réalisée par Didier Puntos en 1986 et présentée au Festival d'Aix-en-Provence en 2012. La partition plonge le spectateur dans toutes sortes de genres musicaux, menuet, chanson de la Renaissance, ragtime, valse, polka et, bien sûr, opéra.
Philippe Soldevila semble réellement être tombé sous le charme de la pièce. «On y trouve beaucoup d'humour, de tendresse et de coeur, plusieurs clins d'oeil et une magnifique sensibilité», note-t-il.
L'Enfant est joué par Julie Boulianne. La mezzo-soprano a une solide expérience du rôle puisqu'elle a eu l'occasion de l'enregistrer avec l'Orchestre symphonique de Nash-ville et le chef Alastair Willis. Le CD est paru sous étiquette Naxos en 2009. Le disque comprend également Shéhérazade, l'exotique cycle de trois poèmes pour voix et orchestre de Ravel.
Coup d'oeil sur la programmation
Un grand concert des Violons du Roy mettant en vedette le contre-ténor australien David Hansen et la soprano allemande Sophie Brommer et placé sous la direction d'un grand défricheur de l'opéra baroque, le chef américain Alan Curtis, lance mercredi le quatrième Festival d'opéra de Québec. Dans le sillage de cette soirée Handel et Vivaldi présentée au Palais Montcalm à 20h, une foule d'activités, dont plusieurs gratuites, sont offertes au public jusqu'au 4 août. Un aperçu de la programmation.
<p>Le programme des chanteurs Sylvie Malenfant, Élaine Rioux, Marc Duguay et Réal Toupin ne manque pas d'ambition. Accompagnés de la pianiste Claude Soucy et du commentateur François Rioux, les interprètes se donnent la mission de couvrir une période qui s'étend du Moyen Âge à nos jours. </p>
La Brigade lyrique
Le sympathique quatuor de chanteurs lyriques sillonne la région à compter de mercredi. Réunis sur la plate-forme d'un char allégorique, Judith Bouchard, Marc-André Caron, Élizabeth Veilleux et Keven 
Geddes interpréteront airs, duos et quatuors d'opéra ou d'opérette à 12h au parc de l'Esplanade et à 17h à la Maison Girardin à Beauport. Au total, 20 représentations, toutes gratuites, sont prévues. À noter que le samedi 2 août, à l'occasion des Grands Feux Loto-Québec, la Brigade lyrique accueillera les spectateurs au Vieux-Port dès 21h.
En plein air
Le mardi 29 juillet, à 12h, à la Maison Hamel-Bruneau, l'heure du lunch est aussi celle de l'opéra. On apporte son pique-nique et sa chaise. Les interprètes s'occupent du reste. Gratuit.
Wagner à l'apéro
L'opéra à l'heure de l'apéro fait désormais partie des traditions du festival. Les 28, 30 et 31 juillet à 16h, à la Chapelle du Musée de l'Amérique francophone, ce moment rafraîchissant permettra d'entendre les chanteurs Jessica Latouche, Luce Vachon, Nathalie Dumont, Élizabeth Veilleux, Keven Geddes, Guy Lessard, Eugen Dragos Voicu et Marc-André Caron dans un programme tout Wagner animé par Georges Nicholson. Gratuit.
La grande histoire chantée de la musique lyrique
Le programme des chanteurs Sylvie Malenfant, Élaine Rioux, Marc Duguay et Réal Toupin ne manque pas d'ambition. Accompagnés de la pianiste Claude Soucy et du commentateur François Rioux, les interprètes se donnent la mission de couvrir une période qui s'étend du Moyen Âge à nos jours. Le 31 juillet à 20h à la Chapelle du Musée de l'Amérique francophone. Billets : 20 $ (info : 418 529-0688)
<p><i>Le Jugement dernier</i> / Le <i>Requiem </i>de Verdi, à la salle Louis-Fréchette, les 1er, 3 et 4 août </p>
Le Jugement dernier / Le Requiem de Verdi
La production principale du festival, conception du metteur en scène italien Paolo Miccichè, s'annonce comme un spectacle riche sur le plan visuel comme sur le plan musical, alors que des projections du Jugement dernier de Michel-Ange viennent appuyer l'exécution du Requiem de Giuseppe Verdi. Celle-ci est assurée par un Choeur de l'Opéra de Québec surdimensionné, l'Orchestre symphonique de Québec et un quatuor de solistes, le tout placé sous la direction du chef Ira Levin. À la salle Louis-Fréchette, les 1er, 3 et 4 août à 20h. Billets : 47 $ à 125 $.
Vous voulez y aller?
Quoi : L'Enfant et les sortilèges, fantaisie lyrique, musique de Maurice Ravel (version pour flûte, violoncelle et piano à quatre mains de D. Puntos), livret de Colette
Mise en scène : Philippe Soldevila
Costumes : Érica Schmitz
Décor : Claudia Gendreau
Chorégraphe : Geneviève Dorion-Coupal
Artistes : Pascale Beaudin (Princesse et Chauve-Souris), Julie Boulianne (l'Enfant), Marc-Antoine d'Aragon (Horloge, Chat, Pastoureau), Aaron Ferguson (Vieillard, Théière, Rainette), Isabelle Henriquez (Mère, Tasse, Libellule), Marie-Ève Munger (Feu, Rossignol, Pastourelle), Alexandre Sylvestre (Fauteuil, Chêne), Rachèle Tremblay (Chatte, Écureuil, Bergère)
Où : salle Octave-Crémazie
Quand : les 24, 25, 26 et 27 juillet à 20h
Billets : 45 $ à 60 $ (étudiants : 35 $; 16 ans et moins : 29 $)
Tél. : 418 529-0688; 418 643-8131