Greyhound a fait patienter une quarantaine de passagers pendant neuf heures sur l'accotement de l'autoroute 15 près de La Prairie, sur le Rive-Sud de Montréal.

Une nuit sur l'accotement, gracieuseté de Greyhound

Un couple de Québec a vécu une nuit d'enfer en fin de semaine lorsqu'il a passé un peu plus de neuf heures dans un autocar de Greyhound en panne sur le bord d'une autoroute de la Rive-Sud de Montréal.
Samedi soir, Monique Tremblay et Christian Bourget devaient embarquer à bord d'un avion à l'aéroport de Québec pour New York, où ils étaient ensuite censés prendre un vol nolisé à destination du Panama pour un voyage de 17 jours. Mais la tempête de neige qui a frappé la côte est des États-Unis en fin de semaine a entraîné l'annulation du vol de Québec. Le vol de New York au Panama étant maintenu dimanche après-midi, le couple dans la quarantaine a décidé de sauter, samedi soir à 20h, dans un autocar d'Orléans Express jusqu'à Montréal, en vue de prendre un autocar Greyhound vers New York.
Les choses ont commencé à se gâter à Montréal. À cause d'un afflux de passagers, Greyhound a dû mobiliser un véhicule supplémentaire en direction de New York. Vers 23h45, Monique Tremblay et Christian Bourget sont donc montés dans un autocar glacé qui n'avait pas eu le temps de se réchauffer. Il faisait - 20 oC à l'extérieur.
Une quinzaine de minutes après le départ, l'autocar est tombé en panne sur l'autoroute 15 Sud, à la hauteur de La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal. Mis à part quelques personnes qui ont été ramenées en auto par des proches, les autres passagers ont attendu de minuit à 9h10 le lendemain matin avant qu'un autre autocar de Greyhound venu d'Albany, dans l'État de New York, vienne les chercher.
«On a dû attendre neuf heures les secours! s'exclame Monique Tremblay. Les toilettes étaient bouchées, il n'y avait pas d'eau, pas de manger. Les passagers, on s'est partagé une galette le matin parce que tout le monde avait faim. On était brûlés, fatigués, découragés. C'était un cauchemar.»
Les policiers de la Sûreté du Québec qui sont intervenus sur les lieux de la panne ont demandé aux passagers de ne pas sortir de l'autocar pour que personne ne se fasse frapper sur l'autoroute, indique Mme Tremblay. «Eux-mêmes, ils ne comprenaient absolument pas comment une compagnie comme Greyhound pouvait se comporter de cette façon... laisser au moins 40 personnes comme du "bétail" à - 20 degrés, à 15 km de Montréal», écrit la résidante de Québec dans un courriel qu'elle a envoyé à Greyhound.
Au chaud malgré tout
Toute la nuit, poursuit Mme Tremblay, le chauffeur, qui ne parlait pas français, a promis aux passagers qu'un autocar arriverait dans la prochaine demi-heure, comme le lui indiquait le bureau de Greyhound, à Dallas, au Texas. Heureusement, le chauffage fonctionnait malgré la panne.
Tout de même, Mme Tremblay ne comprend pas pourquoi les passagers n'ont pas tous été transportés par taxi ou d'une autre manière dans un lieu plus chaud et sécuritaire. «Avec la circulation qu'il y a là, l'autobus aurait pu se faire rentrer dedans, dit-elle. Et si on avait frappé des gens [passagers] violents, qu'est-ce qui serait arrivé? Il y avait des enfants, des personnes âgées... Quelqu'un aurait pu faire une crise de coeur... En tout cas, il aurait tellement pu y avoir des conséquences plus graves.»
Vers 9h, à bout de patience et certaine de rater son vol à New York, Mme Tremblay a finalement appelé sa soeur à Boucherville, qui est venue la chercher avec son mari, sur le bord de l'autoroute, à La Prairie. À son arrivée, l'autocar en provenance d'Albany venait de se stationner. Il est reparti vers New York, sans le couple de Québec.
Mardi, Monique Tremblay et Christian Bourget étaient à la maison à Québec et enrageaient d'avoir raté leur voyage au Panama, qui leur a été remboursé. Ils songeaient à un recours contre Greyhound.
Après de nombreux appels sans réponse, un représentant de la branche canadienne de l'entreprise à Ottawa les a finalement rappelés, mardi, en fin d'après-midi. Il leur a proposé 1000 $ de dédommagement pour le couple. Les billets d'autocar leur ont coûté 282,16 $. «Avec tout ce qu'ils nous ont fait vivre, dit Mme Tremblay, on aurait aimé plus.»