«Tout le monde me demande comment je me sens, mais je ne réalise pas encore (...) Ça n'arrête pas», raconte Kim Lamarre.

Une nuit blanche de rêve pour les proches de Kim Lamarre

«Quand elle a atterri son dernier saut, ç'a été l'euphorie, ici!» Sloane Lamarre, la soeur de Kim, a passé une nuit blanche avec ses parents et ses grands-parents dans la résidence de ces derniers à Saint-Ferréol-les-Neiges. Le manque de sommeil leur aura permis de vivre un rêve éveillé alors que la skieuse de Lac-Beauport a décroché le bronze en slopestyle.
Ginette «Gigi» Séguin, athlète olympique en ski alpin des Jeux de Cortina d'Ampezzo en 1956, grand-maman de Kim Lamarre, n'allait certainement pas aller au lit alors que sa petite-fille prenait part à la première présentation olympique de l'épreuve de slopestyle.
«Je suis réellement touchée», a-t-elle lancé quelques instants seulement après la cérémonie officielle des médailles où, en plus du bronze de sa petite fille, la Canadienne Dara Howell a mérité une médaille d'or. L'hymne canadien s'est donc fait entendre pour la quatrième fois de ces Olympiques. Déjà la troisième fois pour un duo de médaillés.
«J'espérais qu'elle guérisse, ensuite j'espérais qu'elle fasse l'équipe, là je ne voulais pas qu'elle se reblesse. De la voir sur le podium, je ne pourrais pas être plus fière», a souligné la grand-maman.
Le parcours exceptionnel de Kim Lamarre est, selon toute la famille, ce qui rend son podium d'aujourd'hui particulièrement émouvant.
«Kim se faisait opérer il y a un an pour la troisième fois au genou. Je n'ai jamais vu quelqu'un aussi déterminé. Elle a travaillé tellement fort tout l'été pour se remettre sur pieds», a rappelé le paternel, Andrew Lamarre, debout depuis plus de 28 heures. «C'est la journée la plus émotive de ma vie! On pleurait tous de joie.»
«Montagnes russes»
Lamarre aura fait vivre «des montagnes russes» à ses proches après avoir trébuché lors de la première descente de la finale. Avant-dernière à s'élancer alors que seule Howell, qui avait enregistré le meilleur pointage de cette finale avec 94,20, restait à descendre, Lamarre a inscrit 85,00 points. «On a tous bondi quand on a vu le numéro trois s'afficher à côté de son nom.»
La première médaillée de la région de Québec de ces Jeux a pris quelques instants, après sa performance, pour appeler ses proches. «Ça va tellement rapidement. C'est certain qu'elle ne réalise pas encore», a estimé M. Lamarre. «Elle est promenée d'un bord et de l'autre, mais elle était évidemment très heureuse.»
C'est d'ailleurs ce que Kim Lamarre a mentionné en entrevue à la télé de Radio-Canada un peu avant la cérémonie des médailles. «Tout le monde me demande comment je me sens, mais je ne réalise pas encore (...) Ça n'arrête pas.»
La skieuse acrobatique de 25 ans aura tout le temps de célébrer et de s'habituer à sa nouvelle breloque, alors qu'elle demeure à Sotchi pour la suite des Olympiques.