La firme de comptables Malette, dont le CA est présidé par Mario Bédard, embauche de 15 à 20 finissants par année.

Une génération de défis

La nouvelle génération de comptables refuse de s'ennuyer au travail, elle est assoiffée de défis. Les firmes de comptables doivent donc s'adapter rapidement si elles ne veulent pas perdre leurs précieuses ressources.
«Les jeunes d'aujourd'hui sont extrêmement mobiles», indique Mario Bédard, président du CA de la firme de comptables Malette. «S'ils s'ennuient au bureau, si la job n'est pas trop intéressante, ils vont rapidement bouger.» Et ils peuvent le faire sans trop de problème. «Avant, pour changer d'emploi, il fallait pratiquement parler à un chasseur de têtes. Maintenant, la technologie rend le mouvement de personnel beaucoup plus facile.»
Si le recrutement est en soi plutôt facile - Malette embauche de 15 à 20 finissants par année dont la plupart proviennent de l'Université Laval et du campus Lévis de l'Université du Québec à Rimouski - les firmes doivent donc user de créativité pour garder les jeunes talents stimulés et intéressés. Pour y parvenir, le bureau de Québec mise sur le mentorat et la spécialisation pour maintenir l'intérêt de son personnel. «Il y a 20 ans, les jeunes comptables n'avaient pas beaucoup de choix. Soit ils faisaient de la vérification dans un cabinet, soit ils allaient travailler dans l'entreprise privée.»
Maintenant, les cabinets comptables comme Malette offrent toute une gamme de services qui permettent aux employés de rester de se spécialiser et d'avoir une deuxième carrière au sein du même bureau. «S'ils veulent sortir de la vérification, ils peuvent se spécialiser en gestion financière, ils peuvent devenir syndics ou travailler en planification personnelle.»
 «On veut qu'ils aient le bureau à coeur. Pour les jeunes qui cumulent deux, trois ou quatre ans d'expérience, il y a beaucoup d'emplois disponibles. Maintenant, on leur dit que s'ils veulent devenir fiscaliste, on va leur payer la formation», poursuit M. Bédard. «Aujourd'hui, j'ai 50 % de mes employés qui sont vérificateurs ou fiscalistes, et 50 % et qui ont choisi de se spécialiser», ajoute-t-il.
Ce besoin de spécialisation s'inscrit d'ailleurs dans une tendance. «Il y a 20 ans, dans n'importe quelle organisation ou ministère, personne ne parlait de vérification interne ou de gestion de la performance. Maintenant, toute organisation d'envergure possède un comité de vérification interne»
Femmes majoritaires
Si les femmes prennent une place de plus en plus grande dans les cabinets comptables, chez Malette, elles sont désormais majoritaires. «Il y a environ 65 % de femmes chez Malette.» Et elles prennent une place de plus en plus grande dans les postes d'importance. «Quand j'ai pris la direction du bureau en 2002, il n'y avait aucune associée de sexe féminin. Maintenant, sur mes 30 associés, 10 sont des femmes. Et à chaque fois qu'un associé prend sa retraite, il est remplacé par une femme. Dans mon propre département d'audit, il y a 8 associés, dont 7 sont des femmes».
M. Bédard indique que les jeunes femmes sont souvent plus faciles à embaucher que les hommes. «En entrevue, lorsque tu rencontres des jeunes, généralement les femmes sont mieux préparées et sont plus professionnelles que les hommes».