Après avoir terminé 5e(15 km) samedi et 20e (sprint) dimanche à la Coupe du monde de Toblach, Alex Harvey et son équipe ont fait leurs valises et arrivent au village olympique lundi.

Une fusée nommée Alex Harvey

À trois jours de sa première course aux Jeux olympiques, Alex Harvey est au sommet de son art. Il en a fait la démonstration, jeudi, à l'occasion de sa dernière session intensive d'entraînement. «Une vraie fusée», avouait son entraîneur, Louis Bouchard.
Il ne cherchait pas à mousser la popularité ou la confiance du fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges. Il ne faisait que répondre à notre question, à savoir si la sortie avait été aussi concluante que nous le racontait son coéquipier, Devon Kershaw.
«La plupart du temps, Alex m'impressionne dans les courses parce qu'il est un compétiteur exceptionnel. Mais aujourd'hui (hier), je ne l'avais jamais vu bouger comme ça. Habituellement, c'est moi qui donne le ton dans les intervalles, mais là, je n'avais aucune chance lorsqu'il est passé devant», confiait Kershaw, en marge de la conférence de presse de l'équipe canadienne de ski de fond.
Si Kershaw y renonce malgré ses efforts pour convaincre l'entraîneur-chef de lui donner le feu vert, on a confirmé que Harvey serait du départ du skiathlon de 30 km, dimanche. Le 15 km classique (vendredi prochain) reste encore incertain dans son cas «bien que je pourrais faire les six courses au programme, ça dépendra comment je me sens», confiait le principal intéressé.
À écouter Bouchard, Kershaw et l'entraîneur-chef de l'équipe, Justin Wadsworth, Alex est toujours prêt à foncer à l'aube d'un grand rendez-vous et celui-ci ne fait pas exception.
«Ça fait un mois que ça dure. Mieux encore, c'est toujours en montant. Je vais l'avouer, on pensait que ce serait difficile à Toblach (Harvey a pris le cinquième rang du 15 km classique), le week-end dernier, parce qu'il avait fait 30% de volume d'entraînement de plus que les autres athlètes de l'équipe canadienne. On a pressé le citron, mais il absorbait tout. Quand tu veux une médaille aux Jeux olympiques, tu dois le faire. Alex a déjà quatre podiums, cette saison, et il en veut d'autres», soutenait Bouchard.
«Six vitesses»
En rentrant dans la salle de fartage après son exercice d'intensité, Kershaw a indiqué à Ivan Babikov (un autre membre du quatuor canadien) qu'il n'avait jamais vu Alex skier comme ça. «Ce n'est pas mêlant, il a six vitesses», a lancé Kershaw à celui qui revient dans son pays natal sous les couleurs de sa nation d'adoption. Il faut savoir que Babikov est né à Syktyvkar, en Russie, et qu'il est l'un des rares athlètes à participer à des Jeux olympiques consécutifs à la maison!
«L'an passé, Alex avait cinq vitesses, ça en dit beaucoup sur sa progression. En 2013, il avait une capacité d'endurance inébranlable à l'effort et il skiait à vitesse élevée pendant 30-50 km sans aucun problème. Mais dès que le peloton haussait le volume, il tombait dans le rouge. Cette année, il est allé combler cette zone-là. Il y a sûrement d'autres coachs qui disent aussi que leur gars était en sixième vitesse, mais tant mieux s'il n'y a que nous», ajoutait en riant l'entraîneur basé au Centre national Pierre-Harvey, au Mont-Sainte-Anne.
L'équipe canadienne niche dans les hauteurs du massif Psekhako, à deux pas du site Laura où auront lieu les six épreuves au programme, autant chez les dames que les hommes.
Dans un groupe sélect
L'entraîneur-chef Justin Wadsworth place Alex Harvey dans une classe à part de fondeurs en mesure d'être aussi performants dans les sprints que dans les courses de distance. Au hockey, on parlerait d'un joueur complet, mais en ski de fond, la défensive n'existe pas... Il faut plutôt combiner vitesse et endurance.
«On savait qu'il était l'un des meilleurs fondeurs au monde, mais là, Alex semble avoir tout mis en place et il se sépare du peloton. Il fait partie d'un groupe sélect avec (Dario) Cologna, (Petter) Northug, (Marcus) Hellner, même si celui-ci semble ralentir un peu. Pour faire le 30 km et le sprint en l'espace de deux jours, ça prend un talent particulier.
Dès qu'il est qualifié, Alex peut aspirer à la victoire au sprint parce qu'il est très fort au niveau de la stratégie et il possède de la vitesse. En plus, le parcours ressemble à un tracé de distance, ça pourrait l'aider encore plus», ajoutait le patron américain de l'équipe, marié à la première médaillée d'or canadienne en 2002, Beckie Scott.