Souriant, détendu, généreux de son temps, Alex Harvey a signé des autographes pendant plus de deux heures, dimanche, après la course.

Une fin de semaine «de rêve»

Mises sur pied en deux mois, dans l'urgence, les finales de la Coupe du monde présentées à Québec se sont transformées en fin de semaine «de rêve» pour le chef de cette orchestration, Patrice Drouin. Grâce entre autres à Dame Nature et à Sieur Harvey.
«On est sur un nuage. Alex [Harvey] a fait des résultats incroyables. Vous avez vu la bataille qu'il vient de livrer sur les Champs-de-bataille... Toute l'effervescence autour de l'événement, tout au long des dernières semaines, a comme cumulé vers un week-end incroyable. On n'entend rien de négatif, tout le monde s'amuse», a dit le président de Gestev, l'entreprise qui a accepté d'organiser ce rendez-vous après le désistement de la Russie, dans la foulée du scandale de dopage étatique.
Selon Drouin, 60 000 spectateurs ont assisté à l'une ou l'autre des trois épreuves de la fin de semaine, sur les plaines d'Abraham. L'an dernier, les deux journées du Tour de ski avaient attiré quelque 40 000 personnes.
La météo a donné un bon coup de main. Après une belle journée fraîche vendredi, les amateurs ont eu droit à du ski de printemps, samedi et dimanche. L'auteur de ces lignes a même subi son premier coup de soleil de l'année!
Pas un «sport de pépère»
Organisateurs, commentateurs et athlètes s'enthousiasmaient de voir autant de gens s'intéresser au ski de fond. «Je me dis qu'il y a un intérêt pour le sport, au moins au Québec, dans la ville de Québec, a réagi Alex Harvey. Ce n'est pas vrai que le ski de fond, c'est un sport de pépère, car les gens viennent voir. Il y a moyen de rendre ça vraiment attrayant et cool, autant pour les jeunes de cinq, six ans que pour les grands-parents.»
Soyons franc, Harvey lui-même a été le principal attrait pour les spectateurs, en fin de semaine. Le nouveau champion du monde est revenu chez lui dans une forme splendide pour connaître trois courses exceptionnelles.
Tout aussi important, il a continué de personnifier l'athlète modèle. Souriant, détendu, généreux de son temps... Dimanche, après la course, il a signé des autographes pendant plus de deux heures. Il a ensuite fait un détour pour saluer les bénévoles au traditionnel party post-événement. Centre d'intérêt des nombreux médias présents, il a accordé une multitude d'entrevues après chacune des trois épreuves.
La venue des meilleurs fondeurs au monde se poursuivra quand Harvey prendra sa retraite, assure toutefois Drouin : «Nous, on continue, on est partis, on est sur un élan.»
Il a réitéré dimanche son intention de ramener cette compétition tous les deux ans. L'Amérique du Nord est d'ailleurs inscrite au calendrier de la Fédération internationale de ski en décembre 2019. «Il n'y a pas d'autres épreuves de distance en milieu urbain comme celle qu'on vient de voir. On a une belle carte de notre côté pour la continuité», a-t-il souligné.
«On aimerait avoir plus d'Alex»
Questionné sur l'imposante foule massée le long du parcours de 3,75 kilomètres, le père d'Alex Harvey, Pierre, en a profité pour lancer un plaidoyer sur l'aide financière aux athlètes. «On aimerait avoir plus d'Alex au Canada. Des femmes Alex aussi, a illustré l'ex-fondeur. Si on avait un peu plus de soutien, on pourrait produire plus d'athlètes [de pointe]. Mais on ne met pas beaucoup d'argent pour soutenir les athlètes au Canada. C'est un peu triste de voir ça.»
Au passage du <i>Soleil </i>sur la Grande Allée dimanche, les spectateurs venaient tout juste d'envahir l'artère après la fin de course haletante d'Alex Harvey.
Les commerçants de la Grande Allée n'en reviennent pas
André Verreault, directeur d'Action promotion Grande Allée, n'en revient tout simplement pas de la qualité de l'événement livré par Gestev en fin de semaine à Québec. Et il souhaite ardemment que l'épreuve de ski de fond sur les plaines d'Abraham devienne un rendez-vous annuel.
«Je me dis qu'on vient de se découvrir un nouvel événement hivernal à Québec!» lance au Soleil M. Verreault, joint dimanche en fin de journée, alors qu'il revenait tout juste des plaines d'Abraham.
Et il ne tarit pas d'éloges à l'endroit des artisans de Gestev. «Ils ont fait quelque chose d'extraordinaire sur les Plaines. C'était vraiment de toute beauté», souligne le représentant des gens d'affaires de la Grande Allée. M. Verreault est d'ailleurs convaincu qu'une telle réussite ne peut que faciliter le retour à Québec d'un tel événement. «Les décideurs de la Fédération [internationale de ski] ne pourront pas faire autrement que de se dire qu'il faut revenir à Québec, à mon avis. C'était tellement hot! Tout était parfait!»
M. Verreault admet avoir été surpris de l'engouement suscité par l'événement. «J'étais loin de me douter que les gens de Québec avaient un attachement aussi particulier pour ce sport-là. [...] Il y avait une effervescence qu'on ne voit pas d'habitude», ce qui est bienvenu chez les commerçants à ce temps-ci de l'année, admet-il.
Au passage du Soleil sur la Grande Allée dimanche, les spectateurs venaient tout juste d'envahir l'artère après la fin de course haletante d'Alex Harvey. Durant les trois jours de compétition, Fabio Monti, propriétaire de L'Atelier, a vu son achalandage doublé pour le service du midi. «On a été chanceux, la température a été vraiment exceptionnelle», dit-il. Exceptionnelle au point que plusieurs commerces ont improvisé, samedi et dimanche, des espaces de terrasses pour les clients souhaitant profiter du soleil. 
Camille B. Vincent