Le palais de justice de Québec

Une conductrice d'attelage conteste en cour les tests antidopage de ses chiens

Tests de dopage controversés, expertise médicale, exclusion de la course, contestation de la sanction. Un autre épisode du Tour de France? Plutôt un litige opposant une conductrice au Club d'attelage de chiens du Québec.
Diane Marquis, résidante de Saint-Médard près de Rimouski, participe les 22 et 23 février à une course tenue à L'Isle-aux-Coudres.
À la fin de la compétition, un représentant du Club d'attelage de chiens du Québec vient effectuer un prélèvement d'urine sur huit de ses chiens aux fins d'un test de dépistage de substances interdites.
À la course suivante, à Daaquam dans la région de Montmagny, le 8 mars, le président du Club d'attelage proclame que les chiens de Mme Marquis sont dopés et qu'ils ont été «piqués». Il précise que des quantités importantes de lidocaïne ont été trouvées dans l'urine des chiens.
Diane Marquis et d'autres coureurs sont aussitôt exclus de la course. La conductrice conteste cette décision affirmant dans sa requête déposée le 21 juillet en Cour supérieure, que, selon les règles du club, seul un vétérinaire a le pouvoir de disqualifier un attelage.
Diane Marquis, qui nie avoir administré toute substance dopante ou interdite à ses chiens, se rappelle avoir mis une pommade, semblable au Polysporin, sous la patte de certains chiens pour favoriser la guérison de petites éraflures de course.
Selon ce qu'on peut lire dans la requête, le vétérinaire Jean-Marc Guillemette confirme la présence de lidocaïne, un anesthésique local, dans le Polysporin et ajoute que le produit est fréquemment conseillé aux propriétaires d'animaux. L'absorption de lidocaïne par l'animal et l'excrétion urinaire qui s'en suit «est non seulement normale, mais tout à fait prévisible», conclut le vétérinaire, qui écarte toute possibilité de dopage intentionnel.
Le Club d'attelage de chiens du Québec a décidé en juin de maintenir la sanction, considérant que l'analgésique contenu dans le Polysporin avait la propriété d'empêcher les chiens de ressentir la douleur et était un stimulant, donc un produit interdit par son règlement.
Diane Marquis demande à la Cour supérieure d'annuler la décision du Club d'attelage de chiens du Québec qui, selon elle, «constitue une injustice flagrante et un déni de justice». La lidocaïne n'était pas un stimulant, mais plutôt un analgésique, plaide la conductrice d'attelage.