Jessie Bérubé a plaidé coupable à l'accusation d'avoir, en tant qu'officier de justice, entravé le cours de celle-ci le 26 février 2012. Ce jour-là, elle a conseillé à deux de ses clients de mentir aux enquêteurs.

Une avocate radiée coupable d'entrave à la justice

Une ex-avocate de Québec, Jessie Bérubé, vient de plaider coupable à l'accusation d'avoir entravé le cours de la justice; elle avait conseillé à deux de ses clients de se forger un alibi pour mentir aux policiers.
La femme de 31 ans revenait pour la première fois dans les corridors du palais de justice qu'elle a arpentés durant trois ans pour défendre motards et membres de gang de rue. Mais cette fois-ci, pas de toge, seulement l'habit de l'accusée.
Jessie Bérubé a plaidé coupable à l'accusation d'avoir, en tant qu'officier de justice, entravé le cours de celle-ci le 26 février 2012. Ce jour-là, elle a conseillé à deux de ses clients de mentir aux enquêteurs.
Dale Huron-Laperrière et Kim Gagné, deux criminels notoires, étaient recherchés par la police à la suite d'une introduction par effraction et d'une agression armée survenue rue de la Colombière.
«Tu dois te trouver un alibi pour vendredi au cas où les enquêteurs viendraient te voir, a écrit Me Jessie Bérubé à Huron-Laperrière. Et change de cellulaire demain», ajoutait-elle.
Les policiers ont trouvé ces conversations incriminantes en analysant les relevés téléphoniques des deux hommes.
Consommation de stupéfiants
Ils ont vite compris que Jessie Bérubé entretenait avec eux des liens qui dépassaient le cadre professionnel. «Il y avait la consommation de stupéfiants en trame de fond», a indiqué le procureur de la Couronne, Me Marc Gosselin.
Le 9 mai 2012, Jessie Bérubé s'effondre en pleine cour au palais de justice de Montmagny.
En convulsions, confuse et agressive, l'avocate est transportée en ambulance à l'hôpital pour y soigner ce qui se révélera une surdose de drogue. Durant le trajet, elle tente de lécher et de mordre les ambulanciers et doit être placée en contention.
Le médecin trouve dans sa sacoche cinq sachets de poudre blanche.
Elle a plaidé coupable mardi à cette possession de cocaïne ainsi qu'à la possession du cannabis que les policiers ont saisi chez elle le lendemain.
La femme a expliqué au juge Guy Lambert, venu du district de Trois-Rivières, qu'à l'époque, elle avait accumulé beaucoup trop de dossiers. «J'étais seule dans mon bureau, je n'étais plus capable», a-t-elle dit.
Enceinte de quatre mois
Depuis son arrestation, Jessie Bérubé a fait une thérapie fermée de 28 jours pour son problème de dépendance aux drogues.
Aujourd'hui enceinte de quatre mois, elle a exercé le métier de serveuse. «Mais à chaque fois que je fais la première page des journaux, je perds ma job», a-t-elle fait valoir.
Le tribunal a ordonné la confection d'un rapport présentenciel avant les représentations sur la peine, qui auront lieu le 1er mai.
L'avocat de Jessie Bérubé, Me Denis Bernier, a évoqué la possibilité de demander une absolution pour sa cliente.
En mai dernier, Jessie Bérubé a été radiée pour 18 mois du tableau de l'Ordre du Barreau du Québec après avoir été déclarée coupable de neuf infractions disciplinaires.
En plus des faits relatifs à l'entrave à la justice, elle s'est notamment approprié sans justification une somme de 4300 $ et a menti en plein tribunal.
L'avocate avait expliqué aux membres du conseil de discipline avoir commencé à consommer de la cocaïne dès l'âge de 15 ans.
Peu après sa perte de conscience à Montmagny, elle avait signé un engagement dans lequel elle renonçait à exercer la profession d'avocate.