Une année rentable pour le Festival d'été

Après avoir dû écrire son bilan à l'encre rouge en 2013, le Festival d'été renouera cette année avec la rentabilité. Davantage de laissez-passer vendus, un achalandage en hausse : s'il était trop tôt lundi pour avancer des chiffres, le directeur général Daniel Gélinas a brossé un portrait positif du 47e rendez-vous, qui s'est terminé dimanche soir.
<p>Pour une deuxième année consécutive, le FEQ n'a pourtant pas réussi à écouler tous ses laissez-passer. Alors que le dg  Daniel Gélinas (photo) se réjouit d'en avoir vendu «suffisamment pour faire nos frais», le directeur de la programmation, Louis Bellavance, refuse d'y voir un signe que les festivaliers boudent l'événement.</p>
«On va faire un surplus cette année», a indiqué M. Gélinas, lundi. Alors que le bilan chiffré ne sera dévoilé qu'en septembre, le dg a estimé que les ventes de laissez-passer avaient «légèrement augmenté» par rapport à l'année dernière, dépassant la marque des 140 000 bracelets. Il s'attendait aussi à voir l'achalandage, estimé à 1,1 million de festivaliers l'an dernier, prendre une courbe ascendante.
Pour une deuxième année consécutive, le FEQ n'a pourtant pas réussi à écouler tous ses laissez-passer. Alors que M. Gélinas se réjouit d'en avoir vendu «suffisamment pour faire nos frais», le directeur de la programmation, Louis Bellavance, refuse d'y voir un signe que les festivaliers boudent l'événement.
«Je pense que la donne a changé, note-t-il. Peut-être qu'économiquement, c'est plus difficile en ce moment. J'ai l'impression qu'il y a une nouvelle tendance et que cette tendance est imperméable à notre programmation. On a eu beaucoup de monde en vendant moins de laissez-passer. Les gens se sont adaptés, le partage est devenu quelque chose d'institutionnalisé. C'est à nous de réagir maintenant et d'ajuster le modèle d'affaires pour être capables de continuer à livrer.»
Heureux pour Joel, triste pour Daraîche
Le nom de Billy Joel est revenu souvent lundi pendant la conférence de presse du Festival d'été. Si la venue du «Piano Man» a marqué les festivaliers et la direction du FEQ, elle a aussi charmé le principal intéressé, selon Louis Bellavance. «En sortant de scène, il a dit à son équipe : "Pourquoi je n'avais jamais joué à Québec, bande d'incapables!"» raconte le programmateur, qui cite aussi Lady Gaga, Queens of the Stone Age, Louis-Jean Cormier, Vincent Vallières et Cypress Hill parmi ses coups de coeur.
À l'inverse, M. Bellavance s'est dit attristé du peu d'enthousiasme soulevé par le spectacle de Paul Daraîche et de ses invités, qui se sont produits au Pigeonnier devant moins de 300 personnes dimanche. Surtout que le créneau country avait selon ses dires été réclamé par plusieurs festivaliers. «Je pense que c'était un bon choix artistiquement, c'était un spectacle de qualité, estime-t-il. Bryan Adams a été trop fort. Parfois, on a la main moins heureuse sur les affrontements. Visiblement, le public de Paul Daraîche avait beaucoup d'amour à donner à Bryan Adams aussi.»
Alors que le Festival d'été vient tout juste de se terminer, Louis Bellavance pense déjà à l'année prochaine. La présence des dirigeants du promoteur Live Nation au spectacle de Lady Gaga pourrait notamment trouver écho dans la grille 2015 du FEQ.
«Ils sont enfin venus voir ce qu'on fait et ç'a donné des suites, explique le programmateur. On a eu des coups de téléphone, il y a de l'intérêt clairement démontré de la part d'artistes à travers ces agents-là. Là, il faut qu'on se positionne et qu'on agisse maintenant. On va envoyer plusieurs offres dans les prochains jours en espérant pouvoir s'accrocher quelques têtes d'affiche pour l'an prochain.»
L'ouverture et l'électro: matières à réflexion
Présentée depuis trois ans sur les Plaines, la soirée électro est toujours pertinente, selon le programmateur du FEQ, Louis Bellavance. Mais la place réservée aux DJ dans la grille pourrait toutefois être «recadrée». «Je pense que la tendance électro ne va pas en montant, évoque-t-il. On a encore de belles choses à vivre là-dedans, mais il va falloir travailler le dosage. On va se poser la question : est-ce que l'électro doit être recadré? Mais ça reste encore une valeur sûre sur les Plaines.» Le spectacle-concept traditionnellement présenté en ouverture sur la grande scène sera soumis à la même réflexion. «On est super contents du show de cette année, assure M. Bellavance. Je pense qu'artistiquement, c'est le plus intéressant qu'on a fait en ouverture depuis un bout de temps. Est-ce que ça fait courir les foules autant que le reste? Non. On pourrait choisir d'aller ailleurs. On va se poser des questions.»
Plus de monde à Cormier qu'à 3DG
Si le choix d'inviter la formation Three Days Grace au Pigeonnier a fait rager des fans qui se sont cogné le nez à un site affichant complet, le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance, ne remet aucunement en question sa décision. Louis-Jean Cormier, qui jouait sur les Plaines en même temps, a attiré plus de monde que les rockers canadiens, a-t-il tenu à préciser. «Nous, on les a, les chiffres», a-t-il lancé, sans toutefois les citer. «Mettons qu'il y a 6000 personnes au parc de la Francophonie... Même s'il y en a 10 000 de plus qui attendent en arrière, on est loin de la foule des Plaines. Arrêtez ça!» a ajouté M. Bellavance.
Le FEQ en bus
Les festivaliers ont été nombreux à choisir le bus pour se rendre au Festival d'été (FEQ). Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a enregistré quelque 249 000 déplacements vers les scènes du FEQ entre le 3 et le 13 juillet. Les soirées les plus occupées ont été celles mettant en vedette Lady Gaga, Billy Joel et Bryan Adams, avec respectivement 33 000, 26 000 et 36 000 montées.