Alex Harvey a conclu le Tour de ski avec sa meilleure performance à vie en style classique en terminant cinquième du 10km, samedi, à Val di Fiemme, en Italie.

Un Tour de ski inspirant pour Alex Harvey

Il y a déjà trois ans, Justin Wadsworth nous confiait lors d'une tournée en Suède qu'il n'y avait pas de limite dans le cas d'Alex Harvey. Samedi, l'entraîneur-chef de l'équipe nationale de ski de fond a été tout aussi élogieux en qualifiant le Québécois de «l'un des meilleurs fondeurs au monde». Bilan d'un Tour de ski à la fois inspirant et encourageant.
Harvey et Wadsworth se réjouissaient des succès obtenus depuis le début de cette aventure entreprise le 28 décembre. En six étapes, Alex a raflé des médailles d'or, d'argent, de bronze en plus de finir cinquième, samedi, au 10 km classique.
«Le Tour n'est pas le test final, mais c'est le plus gros de l'année. S'il était un examen, il vaudrait pour 30 % de la note finale, tandis que chaque épreuve de la Coupe du monde serait un quiz. La forme était constante du début à la fin et encore aujourd'hui [samedi], je récupère bien. Ç'a été un bon Tour pour moi avec trois podiums, ç'a fait du bien à toute l'équipe, surtout la première journée où j'ai partagé le podium avec Devon [Kershaw]. À un mois des Jeux olympiques, c'est encourageant», a raconté Harvey à l'occasion d'une conférence téléphonique outre-mer, samedi après-midi.
Jusqu'à cette compétition échelonnée sur neuf jours, Harvey n'avait pas fait banco sur le circuit de la Coupe du monde. Il n'était pas inquiet pour autant de la suite des choses, sachant que l'effort estival avait été à la hauteur du défi russe qui se pointe à l'horizon.
«Il n'y avait pas vraiment de doute parce que je savais que l'entraînement avait bien été. La forme était là et les sensations ne peuvent mentir et étaient meilleures que les résultats. Le Tour ne fait que confirmer cela, je savais que ça s'en venait», a affirmé athlète, habile communicateur, de 25 ans.
Meilleur résultat à vie
Harvey s'était pointé au départ du Tour de ski dans l'optique de s'imposer à tous les niveaux. Il a donné le ton en gagnant le prologue, suivant avec une deuxième position au sprint libre et une troisième à la poursuite de 35km en style libre. Et samedi, celui qui a renoncé comme prévu à la dernière étape de la Grande Boucle blanche d'aujourd'hui - quatrième après six étapes, son retrait ne lui permettra donc pas de regrimper sur le podium du Tour - terminait avec son meilleur classement à vie en style classique.
«La course que je pensais le mieux faire, c'était le prologue. Celle que je voulais le mieux faire, c'était le 35km parce que je tenais à me reprendre. Et là, je fais mon meilleur résultat à vie en classique, je suis vraiment satisfait», a convenu celui qui revendique désormais 12 podiums dans les réunions du genre.
Il prendra un peu de temps pour récupérer en prévision des Jeux olympiques de Sotchi. Pour l'équipe canadienne, le prochain mois sera abordé avec positivisme. Samedi, Ivan Babikov s'est classé 21e et Kershaw 52e. Comme Harvey, ce dernier ne sera pas au départ de l'étape de l'Alpe Cermis, aujourd'hui.
«Alex a fait un Tour de ski incroyable et il fait le bon choix en renonçant à la dernière étape. Les résultats d'Alex, Devon et Ivan nous confirment qu'on est sur la bonne voie. La victoire d'Alex dès la première journée a été inspirante pour l'équipe», a finalement ajouté l'entraîneur-chef.
Encore deux rendez-vous
Avant le début des Jeux olympiques, Alex Harvey et l'équipe canadienne de ski de fond ont encore deux rendez-vous à remplir sur le circuit de la Coupe du monde: ceux de Szklarska (Pologne), les 18 et 19 janvier, et de Toblach-Dobblaco (Italie), les 1er et 2 février. Après les quelques jours de congé, cette semaine, un camp d'entraînement est à l'horaire et un autre suivra en altitude. «À un mois des Jeux, la fenêtre se rétrécit et on va mettre l'emphase sur la condition physique. Il y a encore des gains à faire à ce niveau. J'ai bien récupéré pendant le Tour de ski, la forme est stable à ce moment-ci, ce qui est bien. Ça donne un bon élan pour les Jeux», a analysé Harvey. 
Le gros lot norvégien
Alex Harvey a mis fin au monopole norvégien, samedi, à l'occasion de la sixième étape du Tour de ski. En terminant cinquième, il était le premier fondeur «étranger» à franchir le fil d'arrivée, puisque quatre représentants de ce pays nordique ont enlevé les quatre premières places. Le podium fut l'affaire de Petter Northug Jr (photo), Martin Johnsrud Sundby et Chris Jepersen. «Les Norvégiens ont gagné le gros lot, ils ont fait un bon coup. Je suis vraiment content de me retrouver juste derrière eux et de battre tous les autres. Ils restent les favoris, sans aucun doute, mais c'est possible de les battre et je l'ai fait [dans le Tour]. Je pense rivaliser avec eux à armes égales», convenait Harvey, dont la cinquième position était sa meilleure performance dans un départ individuel en style classique.
Pas un problème à Sotchi
Détecté voilà déjà cinq ans, le problème de circulation sanguine dans l'artère iliaque de la jambe gauche qui affecte Alex Harvey dans les très longues montées s'est désormais étendu à celle de droite. Mais ça ne l'importunera pas pendant les Jeux olympiques, puisqu'il n'y a aucune pente abrupte comme celle de l'Alpe Cermis à Sotchi. «Ça ne lui cause aucun problème pour les courtes montées de quelques minutes, s'il y a un temps de récupération par la suite. Mais dans une de 20 à 25 minutes, la pression sanguine augmenterait, le sang ne passerait plus et les muscles fonctionneraient sans oxygène. Ce serait l'équivalent de faire un infarctus», expliquait la Dre Mireille Belzile, médecin de l'équipe canadienne et mère du fondeur.