Francis Bourgeois a remporté l'or pour ses cascades de planche à neige en milieu urbain. Ici, l'athlète sur une arche de Saint-Apollinaire.

Un Québécois roi de la glisse urbaine

Il y a des missiles air-sol. Des missiles sol-air. Des air-air. Et des sol-sol. Mais Francis Bourgeois, lui, est plutôt du genre «sol-air-toit-air-mur-sol».
Fanatique de la planche à neige depuis l'âge de 5 ans, M. Bourgeois a remporté une médaille d'or pour ses pirouettes en «snowboard de rue» aux X-Games, qui sont grosso modo les Olympiques du sport extrême. C'est lors d'une émission sur la chaîne américaine ABC, samedi, que l'annonce a été faite.
Après Louis-Félix Paradis en 2013, il est le second Québécois à gagner cette compétition qui consiste à filmer ses cascades en planche à neige dans un contexte urbain, puis à envoyer la vidéo aux juges des X-Games. Et si le gagnant de cette année est originaire de Trois-Rivières, beaucoup des séquences qui lui ont valu ce prix ont été tournées dans la région de Québec.
«Je ride depuis que je suis jeune, j'ai commencé quand j'avais 5 ans. J'ai fait un cours en construction, c'est ça que je fais trois saisons par année, et l'hiver, je le consacre à la planche à neige. L'industrie est dure un peu, je n'ai pas le choix de travailler», dit M. Bourgeois, qui aimerait bien vivre de son sport.
Le casse-cou avait déjà été invité à y participer par les X-Games (l'épreuve n'est pas ouverte à tous) dans le passé, mais n'avait jamais raflé l'or - il avait terminé second l'an dernier, gagnant au passage le «prix du public». Il a eu deux mois, à partir de décembre dernier, pour tourner ses acrobaties et soumettre sa candidature aux X-Games.
Une seule séquence a été tournée dans la ville natale de M. Bourgeois: celle où il saute par-dessus une rue alors qu'une voiture blanche passe en-dessous (à 0:17). Mais «on a beaucoup tourné à Québec et à Lévis», dit-il.
Francis Bourgeois a reçu une bourse de 20 000 $ des X Games pour une vidéo produite avec des amis.
Pas toujours permis
La scène où il part d'un toit pour ensuite glisser sur un mur de brique avant d'atterrir (à 0:37) a été tournée dans la capitale. Celle, tout de suite après, où il saute sur un toit en pente, resaute sur un toit plat puis resaute au sol, a été filmée à Beauport, et la séquence très impressionnante où sa planche touche au garde-fou d'une galerie s'est déroulée sur le terrain d'un édifice abandonné de Québec. On aperçoit également une arche de métal de Saint-Apollinaire (à 1:10) et le fort de Lévis (à 1:24).
M. Bourgeois et ses amis qui le filment, de la compagnie Brothers Factory, demandent la permission aux propriétaires des endroits dont ils remarquent le potentiel, puis s'attèlent à la tâche de pelleter de la neige aux bons endroits pour faire la cascade. Mais ce n'est pas toujours possible, admet-il, «c'est ça, le snow de rue, tu n'as pas toujours la permission».
Et pour ceux qui se se poserait la question: «Depuis que j'ai commencé à filmer, je touche du bois, je ne me suis jamais rien cassé, se félicite le planchiste. Plus jeune, je me suis fracturé pas mal d'affaire [... mais maintenant] je mets toujours beaucoup de neige avant de faire une figure. Ça ne me dérange pas de pelleter des heures et des heures pour m'assurer que ce soit sécuritaire.»