Etzer Sidoine Prin

Un prisonnier écope de 18 mois pour avoir poussé un gardien

Tout geste de violence à l'endroit des agents correctionnels doit être sévèrement puni : le juge Alain Morand a passé ce message en condamnant mardi un détenu du pénitencier de Donnacona à une peine de 18 mois pour avoir poussé un gardien.
<p>Sur les images fournies par le pénitencier de Donnacona, on voit clairement la bousculade entre Etzer Sidoine Prin et l'agent correctionne, et ce dernier qui se cogne lourdement l'épaule contre le mur.</p>
L'altercation est survenue le matin du 25 octobre 2012, alors qu'Etzer Sidoine Prin se préparait à partir pour le palais de justice. Mais au lieu de se dépêcher à embarquer dans le fourgon, le détenu a décidé d'aller prendre une douche.
Un agent correctionnel va lui ordonner de sortir de la douche puisqu'il est déjà en retard. Les deux hommes commencent à se quereller et, en revenant vers sa cellule, Prin pousse violemment l'agent correctionnel.
Sur les images fournies par le pénitencier de Donnacona, on voit clairement la bousculade ainsi que l'agent correctionnel qui se cogne lourdement l'épaule contre le mur.
La participation de trois agents a été requise pour maîtriser le musclé détenu.
L'agent de 57 ans, qui compte 28 ans de service, a subi une déchirure du muscle de l'épaule. Plus d'un an plus tard, il ressent toujours de la douleur et attend de subir une opération. Il n'a jamais pu reprendre son travail.
En plaidant coupable, le détenu Prin, 33 ans, a reconnu qu'il aurait dû mieux se contrôler, mais a affirmé qu'il s'était senti envahi dans son intimité.
L'avocat de Prin, Me Marc Delisle, a insisté sur le caractère spontané, tout en étant inacceptable, du geste. Le contexte était explosif, a fait remarquer l'avocat. «Ce n'est pas prudent de commencer à s'obstiner avec quelqu'un d'impulsif, estime Me Delisle. Les deux [Prin et l'agent] auraient dû se séparer.»
Le juge Alain Morand a accepté la suggestion de la procureure de la Couronne, Me Sarah-Julie Chicoine, qui recommandait une peine de 18 mois, consécutive à la sentence de six ans et demi que purge déjà Prin pour des voies de fait et des menaces, commises notamment en milieu carcéral.
«Dans les cas d'agressions physiques à l'égard d'agents correctionnels, il faut que les objectifs de répression et de dissuasion priment, a insisté le juge Morand. Autrement, ce serait faire en sorte que les détenus puissent, par la violence, saper l'autorité des agents correctionnels.»
Au total, la peine globale atteindra donc 96 mois de détention. Etzer Sidoine Prin sera admissible à une libération conditionnelle après en avoir purgé les deux tiers.