Le mot-dièse de Twitter ou le «j'aime» de Facebook sont de plus en plus utilisés par des marques qui s'adressent au grand public.

Un prédateur sexuel fait sept victimes en utilisant Facebook

Connaissez-vous les «amis» de vos enfants sur le réseau social Facebook? Se cachant derrière trois faux profils de jeunes de 12 ans à 18 ans, le prédateur sexuel Olivier Roy de Québec a attrapé dans ses filets sept victimes prépubères... Vendredi, la Couronne a réclamé une peine de sept années de prison.
Menottes aux poignets, l'homme, qui est lui-même papa, n'a pas bronché, tandis que la cour débattait de la peine à lui infliger pour ses crimes.
Il n'y a pas eu de procès, le trentenaire s'étant d'emblée reconnu coupable de leurre d'enfants et de deux agressions sexuelles commises contre une fillette de 12 ans. Il a également admis la possession d'environ 1000 vidéos exposant des enfants violés par des adultes. Et avoir produit, puis distribué de la pornographie juvénile.
Olivier Roy avait donc développé un scénario complexe afin de séduire des filles et des garçons. C'est sous l'identité de Gabriel Lebrun, un supposé étudiant en techniques ambulancières de 18 ans, que le criminel a convaincu une élève de sixième année de le rencontrer dans le condo de ses beaux-parents.
Elle croyait vraiment qu'ils formaient un couple, mais a craint d'être enceinte après l'acte. Roy est donc allé lui livrer une «pilule du lendemain», un contraceptif d'urgence... directement à son école.
D'autres jeunes filles ont correspondu avec le Gabriel Lebrun fictif. Ou avec un autre personnage créé par Roy, un ado de 14 ans qu'il a nommé Félix Caron. Certaines lui ont transmis des photos de leurs organes génitaux et se sont filmées, nues. Le prédateur se servait ensuite de cette production afin d'attirer des garçons sous sa troisième identité, Annick Cloutier, qui soutenait avoir autour de 12 ans.
«L'Internet, c'est l'arme du crime», a plaidé Me Sonia Lapointe, insistant sur le fait que la plupart des «contacts» ont eu lieu dans les chambres des enfants, via le cellulaire ou l'ordinateur. Le père investissait beaucoup de temps pour alimenter son fantasme, échanger avec les victimes, développer des discussions très explicites en ligne. Les communications ont duré des mois, sans que personne s'en rende compte.
Peine de sept ans réclamée
Puisqu'il a détruit de jeunes vies, Me Lapointe revendique une réclusion prolongée. «Ce qu'on réclame, c'est une peine globale de sept ans.» L'avocat du détenu, Me Simon Roy, convient que son client «a causé un tort qui prendra de nombreuses années à s'estomper». Il a néanmoins tenté de convaincre le juge Alain Morand d'imposer une peine inférieure aux normes. En gros, l'avocat propose un emprisonnement de trois ans, auquel il soustrait un an pour compenser la détention provisoire de son client. Il ne resterait que deux ans à purger. Pourquoi? Si le tribunal impose «deux ans moins un jour» de réclusion, le pédophile sera admissible à un séjour à la prison de Percé, un établissement spécialisé dans le traitement des délinquants sexuels.
Ainsi, il ne représentera plus un risque pour la société, surtout si on l'oblige à poursuivre sa thérapie à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec à sa sortie, évalue Me Roy. Le juge tranchera le 10 février.