Yves Denis, 35 ans, Denis Lefebvre, 53 ans et Serge Pomerleau, 49 ans, s'étaient enfuis de la prison d'Orsainville en hélicoptère.

Un nouveau délateur au procès des évadés de Québec

Les trois évadés du Centre de détention de Québec sont confrontés depuis mercredi à un nouveau délateur dans leur procès pour trafic de stupéfiants. Témoignant sous haute surveillance, l'homme volubile a incriminé Serge Pomerleau, présumée tête dirigeante d'un vaste réseau de trafiquants en Abitibi.
Le délateur a été arrêté en octobre 2010 dans le même coup de filet que Serge Pomerleau, Denis Lefebvre et Yves Denis, désormais connus comme les trois évadés du Centre de détention de Québec. Mario (nom fictif) était chef d'une cellule du réseau de stupéfiants que le trio aurait dirigé dans la région de Val-d'Or.
Escorté par des policiers en civil dans la salle d'audience, le témoin repenti a surtout parlé de sa relation avec Serge Pomerleau depuis le début des années 80. Le délateur a même affirmé qu'ils étaient «inséparables» pendant un temps.
Pomerleau est demeuré son seul fournisseur de cocaïne jusqu'à leur arrestation en 2010. «J'ai tout le temps pris ma cocaïne de Serge», a-t-il martelé.
Mario a aussi avoué collaborer avec la justice par esprit de vengeance. «Il y avait eu beaucoup de vacheries là-dedans [le réseau démantelé]», a-t-il commencé. «Ça me donnait une petite manière de me venger. Ça fait assez longtemps qu'on me tape sur la tête, qu'on m'écoeure», a-t-il laissé tomber.
Il n'était d'abord «pas trop» chaud à l'idée de devenir délateur. «J'avais jamais collaboré avec les policiers dans ma vie. C'est quand même quelque chose de sérieux.»
Preuve du sérieux de sa collaboration, les avantages consentis à l'homme plutôt corpulent, originaire de l'Abitibi, ont été dévoilés par le ministère public. Le quinquagénaire voit sa dette de 25 000 $ être effacée à l'ardoise de Revenu Québec pour des infractions liées à la possession de tabac de contrebande. Toujours détenu dans une prison fédérale, Mario recevra une allocation annuelle de 300 $ pour ses dépenses personnelles en plus d'un montant de 50 $ par mois pour ses repas. Lors d'une éventuelle libération, il empochera 500 $ par semaine pendant deux ans et jusqu'à 3500 $ pour suivre une formation qui lui permettra de réintégrer le marché du travail.
Le témoignage de Mario s'est amorcé au procès Écrevisse après deux jours de procédures à huis clos. Les médias ne peuvent en rapporter les détails pour l'instant.
Il a été longuement question de la vie criminelle du délateur et de ses nombreux démêlés avec la justice. Son témoignage se poursuit jeudi.