Un motocycliste meurt dans une collision avec une voiture de police

Un motocycliste de 38 ans est mort tard jeudi soir après avoir embouti une auto-patrouille de la police de Québec. Mandatée par le Ministère de la Sécurité publique de faire enquête, la Sûreté du Québec (SQ) laisse entendre que la policière au volant du véhicule a voulu faire demi-tour en plein chantier routier.
L'impact fatal s'est produit vers 23h sur l'autoroute Laurentienne (73) en direction sud, à Charlesbourg, à la hauteur de la rue George-Muir. Selon Ann Mathieu, porte-parole de la SQ, la collision est survenue dans une zone de travaux pilotés par le Ministère des Transports. La circulation y est déviée dans les voies en sens inverse. 
D'après les premières observations des reconstitutionnistes en accident et considérant la façon dont l'impact a eu lieu, il se pourrait que l'auto-patrouille ait voulu effectuer une manoeuvre de demi-tour, a précisé Mme Mathieu. «Le motocycliste aurait frappé l'arrière du véhicule.» 
Les images de l'accident montrent pourtant que les portières du côté droit de la voiture de police ont été renfoncées. Impact latéral alors? La SQ a maintenu sa version de la collision à l'arrière de l'auto-patrouille.
Le décès de l'homme de 38 ans de Sainte-Brigitte-des-Saults, près de Drummondville, a été constaté au centre hospitalier. L'identité de la victime n'a pas été dévoilée vendredi, la famille n'ayant été avisée qu'en matinée.
Les policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) impliqués ont tous deux une dizaine d'années d'expérience derrière le badge. Ils ont pour leur part subi des blessures mineures et ont été amenés à l'hôpital pour y être observés. Ils devaient être rencontrés par des enquêteurs dès que leur état de santé allait le permettre.
Transparence
Comme c'est le cas dans tous les décès impliquant un service de police, une enquête indépendante a été confiée à un autre corps de policier, soit la SQ dans ce cas-ci. Une façon de faire qui changera d'ici quelques mois lorsque le Bureau des enquêtes indépendantes formé par le gouvernement prendra la relève. 
Appelée à commenter l'affaire, la Fraternité des policières et des policiers de la Ville de Québec (FPPVQ) a demandé à ce que le plus d'informations possible soient transmises à la population. Il en va de la confiance du public envers le processus d'enquête, croit Marc Richard, président de la Fraternité. 
«Juste donner un peu d'information, ça peut amoindrir l'événement et ça ne s'étire pas en longueur par rapport aux doutes que les gens peuvent avoir», a expliqué M. Richard. 
Quand rien ne sort et que les délais s'étirent, ça «vient faire en sorte que la population regarde ça comme un processus un peu bidon», a-t-il poursuivi, rappelant cependant que la Fraternité «a toujours dit que c'est un processus qui est viable». 
S'il assure que les enquêtes sont bien menées et qu'elles donnent des résultats, c'est davantage au niveau de la perception du public qu'il faut l'améliorer, plaide M. Richard. Selon lui, quand trop d'information est retenue, il devient plus facile pour certains citoyens d'accuser les policiers de se protéger entre eux. «S'il y a de l'information qui peut être divulguée sans nuire à l'enquête, il faut le faire.»
Appel d'urgence?
La SQ n'a pas voulu dire, vendredi, si les policiers du SPVQ répondaient à un appel d'urgence au moment de la collision, ou si les gyrophares du véhicule étaient allumés. «On ne s'avancera pas là-dessus alors que c'est sous enquête.» 
Selon Marc Richard, il est permis aux policiers de faire demi-tour afin de répondre à un signalement ou encore intercepter un automobiliste qui contrevient au code de la sécurité routière. L'autoroute Laurentienne est normalement patrouillée par la SQ, mais rien n'interdit aux policiers municipaux d'y intervenir.