«On a d'excellents étudiants autochtones qui, au moment de sortir de l'école, vont retourner dans leur communauté. Voilà une raison d'être optimiste!» mentionne l'anthropologue Christopher Fletcher.

Un monde dans un monde

Un monde dans un monde, c'est ainsi que le Dr Éric Dewailly décrit les communautés autochtones du Canada. Malgré cette frontière invisible qui les sépare du reste du pays, il est non seulement possible, mais de notre devoir de les aider à progresser. Et selon M. Dewailly, ça passe par la formation d'une génération de professionnels autochtones.
«Ce n'est pas nous qui trouverons la solution. Ça doit venir d'eux. Tant qu'on n'aura pas des professionnels de la santé de là-bas, on ne réglera pas ce scandale énorme des systèmes d'éducation et de santé [chez les autochtones]», signale le Dr Dewailly, professeur au Département de médecine sociale et préventive à la Faculté de médecine et chercheur au CHU de Québec.
Bien que plus optimiste, l'anthropologue Christopher Fletcher adopte la même vision. «Ça fait longtemps que les médecins présents dans les communautés sont toujours les autres. Ils ont des bonnes intentions, mais les différences sont tout de même là.»
Et ces différences, notamment culturelles et historiques, empêchent les professionnels non autochtones de saisir toute la complexité des problèmes sociaux. «Il y a des choses que je ne comprends pas et que je ne comprendrai jamais», avoue le Dr Dewailly. «Quand le facteur de risques est externe, tu peux l'identifier. Quand il est interne à la culture, aux traumatismes, ça devient très compliqué.»
Il y a cinq ans, un consortium a donc été établi entre les quatre facultés de médecine québécoises dans le but de former des médecins autochtones. Chaque année, environ quatre étudiants autochtones sont envoyés dans l'une ou l'autre des facultés de médecine.
«Retourner dans leur communauté»
«On a d'excellents étudiants autochtones qui, au moment de sortir de l'école, vont retourner dans leur communauté. Voilà une raison d'être optimiste!» souligne M. Fletcher. Et ce n'est pas la seule : «Malgré une histoire remplie de difficultés, ils sont restés forts et fiers. Plusieurs ont dit qu'ils étaient appelés à disparaître, mais ils sont toujours là, et ils ne sont pas défaits.»