M. Landry a blagué sur l'implication de M. L'Allier dans le camp du Oui lors du référendum de 1980, et ce malgré ses allégeances libérales. «On peut évoluer du bon côté!» a-t-il ricané.

«Un modèle d'homme politique»

Eux-mêmes hommes politiques respectés, les anciens premiers ministres péquistes Lucien Bouchard et Bernard Landry n'ont pas tari d'éloges envers Jean-Paul L'Allier. «Il est ce qu'on a fait de mieux comme homme politique au Québec», a dit le premier. «Je m'ennuie déjà de lui», a confié le second.
<p>«C'était un homme franc. Avec lui, il n'y avait pas de raccourcis, pas de subterfuges. Avec lui, une poignée de main scellait un accord et après ça fonctionnait très bien», a déclaré Lucien Bouchard, ému par cette «grande perte». </p>
Les deux hommes, présents aux funérailles de M. L'Allier samedi, ont eu à travailler avec l'ancien maire au cours de leurs carrières politiques respectives. Malgré des débats parfois difficiles, comme celui des fusions municipales, ils ne gardent aujourd'hui que de bons souvenirs.
«C'était un homme franc. Avec lui, il n'y avait pas de raccourcis, pas de subterfuges. Avec lui, une poignée de main scellait un accord et après ça fonctionnait très bien», a déclaré Lucien Bouchard, ému par cette «grande perte».
«On est triste parce que c'est un homme merveilleux, humaniste, un homme de culture. [...] Il laisse derrière lui tout un modèle d'homme politique, un modèle de représentation démocratique.»
S'il est surtout connu pour ses accomplissements en tant que maire, il ne faut pas oublier que Jean-Paul L'Allier a «joué un rôle important» comme ministre dans le cabinet libéral de Robert Bourassa, selon M. Bouchard. Ce dernier croit que M. L'Allier aurait d'ailleurs pu «assumer de plus grandes fonctions» s'il avait poursuivi sa carrière au provincial.
Des amis
Pareils sentiments habitaient Bernard Landry. «Je suis triste parce que nous étions devenus des amis. En particulier à cause d'un dossier extraordinaire : le quartier Saint-Roch.» Pour M. Landry, la revitalisation de ce secteur de la basse ville témoigne de tout l'amour de Jean-Paul L'Allier pour la capitale. Les deux hommes avaient à l'époque des conversations téléphoniques quotidiennes au sujet de Saint-Roch, a-t-il raconté.
«C'était un symbole de la pauvreté et même de la dégénération urbaine, mais qui est devenu formidable. Le Plateau Mont-Royal commence à être jaloux!» s'est-il amusé. «Il adorait sa ville et cette ville est plus belle avec son oeuvre qu'elle n'était avant lui, même si c'était déjà l'une des plus belles villes du monde.»
M. Landry a finalement blagué sur l'implication de M. L'Allier dans le camp du Oui lors du référendum de 1980, et ce malgré ses allégeances libérales. «On peut évoluer du bon côté!» a-t-il ricané.