Un militaire de Valcartier retrouvé mort à la maison

Un soldat de la base de Valcartier, Marc Perreault, lance un véritable cri du coeur à ses frères d'armes à la suite du suicide d'un militaire de 44 ans du Royal 22e Régiment, le caporal Alain Lacasse.
<p>Le caporal Alain Lacasse, 44 ans, était un militaire très apprécié de ses ex-collègues. </p>
«Là, faut que ça arrête!» s'exclame M. Perreault, dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, en faisant référence au geste d'autodestruction posé par M. Lacasse. Il invite les militaires à ne pas hésiter à parler de leurs idées suicidaires, notamment avec leurs collègues soldats, quand ils broient du noir. Il a même diffusé son numéro de cellulaire avec la vidéo, si un confrère se retrouve seul avec son problème et ne sait pas à qui en parler.
«Si vous connaissez personne, appelez-moi!» dit-il.
En décembre, un premier militaire de la base de Valcartier, le caporal-chef Sylvain Lelièvre, s'est aussi enlevé la vie. Un autre militaire s'est suicidé au cours du week-end en Ontario, et avant les Fêtes, quatre soldats, en incluant M. Lelièvre, avait aussi choisi de se donner la mort.
«Avec celui de cette semaine, ça en fait un de trop, a expliqué M. Perreault, lors d'un entretien téléphonique. Je le connaissais pas personnellement, mais sa mort me touche beaucoup. Ça en fait trop qui meurent depuis quelques mois. Il faut réagir pour que ça cesse.»
M. Perreault assure que sa sortie ne constitue pas une critique contre les ressources qui sont offertes aux militaires en détresse. Son intervention se veut davantage un appel à la conscientisation des soldats. Quand vous pensez commettre l'irréparable, ne gardez pas ça à l'intérieur et parlez.
«Appelle ton chum! Il te jugera pas!» ajoute celui qui travaille au sein des Forces armées depuis 24 ans, et qui a aussi perdu des amis en Afghanistan.
Bosnie et Afghanistan
Alain Lacasse, 44 ans a été déployé au front à deux reprises au cours de sa carrière militaire, soit en 2002 en Bosnie et en Afghanistan en 2007 et 2008. Il était père de deux enfants. Lundi, le militaire a été retrouvé sans vie à son domicile de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Pour la Sûreté du Québec (SQ), la thèse la plus probablement pour expliquer ce décès est celle du suicide.
M. Lacasse était visiblement très apprécié par ses frères d'armes. Un ami et ex-collègue militaire de la victime, René Bilodeau, a parlé du défunt comme d'un véritable leader très charismatique qui était toujours souriant.
En décembre dernier, le colonel honorifique du Royal 22e Régiment, Alain Forand, y était allé d'un commentaire fort élogieux sur la page Facebook du militaire. «Si Lacasse n'existait pas, il faudrait l'inventer!»