Un métier en évolution

Depuis les 30 dernières années, les changements au sein de la profession comptable ont été de plusieurs ordres. Les firmes comptables, pour rester compétitives, ont dû s'adapter rapidement à cette évolution, qui a également touché leurs clients.
Emilio B. Imbriglio, président et chef de la direction chez Raymond Chabot Grant Thornton a été témoin de cette évolution. En plus de sa carrière en comptabilité - dont il a célébré les 36 ans le 1er mai -, M. Imbriglio a également été professeur à l'université. Il a vu passer plus de 6000 étudiants dans sa classe et «un nombre incalculable» dans la profession.
«Le premier changement de fond flagrant que j'ai constaté, c'est qu'à l'époque, il y avait un manque de femmes. Aujourd'hui, c'est l'inverse qui se produit, on commence à manquer d'hommes», indique M. Imbriglio. Et si les hommes sont toujours majoritaires dans les postes de haute direction, cette situation est temporaire. «Les femmes n'ont tout simplement pas encore rattrapé le temps perdu».
M. Imbriglio a également noté les changements technologiques rapides qui ont révolutionné la manière de travailler des comptables et des clients. «Au début des années 1980, le seul ordinateur portable qui existait était celui d'Apple. Vers 1982-1983, on a vu arriver les premiers IBM et COMPAQ' qui pesaient 26 livres», raconte-t-il. «On tapait les états financiers de nos clients à la dactylo, et on corrigeait les erreurs avec du ruban», poursuit M. Imbriglio, qui mentionne que son premier ordinateur occupait la même superficie que son bureau.
«La technologie a profondément changé notre façon de travailler et celle de nos clients. On ne travaille pas plus, mais on a la possibilité d'en faire plus. Si on devait comparer le ratio de notre production d'aujourd'hui à celle de l'époque, elle s'est accrue de plusieurs multiples», ajoute-t-il. Les nouveaux logiciels ont également apporté une autre dimension à la profession. «Nous avons maintenant accès à de puissants logiciels juriscomptables et à de nouveaux modèles de fusion-acquisition.»
Et c'est sans compter les nouvelles sources d'accès aux capitaux, quelque chose que M. Imbriglio qualifie de «révolution».
«Pour du financement de 50 ou 100 millions de dollars, l'accès aux capitaux est maintenant plus rapide, moins coûteux et moins stressant. Les entreprises elles-mêmes ont accès à du financement pour de l'expansion ou des acquisitions.»
Mondialisation
La profession comptable, en plus de se moderniser, s'est aussi mondialisée. Pour mieux servir ses clients, Raymond Chabot Grant Thornton possède des places d'affaires dans plusieurs régions du Québec, mais aussi de la planète. «Nous accompagnons maintenant nos clients à Chibougamau, Rouyn-Noranda et Alma, mais aussi en Inde ou en Russie. Nous offrons un guichet unique pour les entrepreneurs, et nous leur donnons accès à un vaste réseau international.» Les entrepreneurs d'aujourd'hui, grâce aux nouvelles manières de communiquer, comme les réseaux sociaux, cherchent à étendre leur marché à l'échelle planétaire. «Ils ont besoin que leur comptable puisse les accompagner».