Les cheveux très ras, le visage complètement impassible, Samuel Simard n'a aucunement réagi durant sa brève comparution. Comme tous les accusés de meurtre, il demeurera détenu durant les procédures.

Un homme de 21 ans accusé du meurtre commis dans Neufchâtel

Un jeune homme de 21 ans au passé criminel déjà lourd, Samuel Simard, a été accusé lundi du meurtre non prémédité de Ianick Saindon, 25 ans, première victime d'homicide à Québec cette année.
Pour une raison encore floue, Samuel Simard aurait, selon la police, poignardé au thorax Ianick Saindon tôt dimanche matin alors que les deux hommes se trouvaient dans un logement d'un édifice de la rue du Patelin, dans le quartier Neufchâtel.
Le mobile reste encore nébuleux. «Il y avait plusieurs personnes sur place qu'il faut interroger pour comprendre», relatait lundi l'agent Pierre Poirier, porte-parole du service de police de Québec.
Selon des informations recueillies sur les lieux dimanche, la porte d'un des logements de l'immeuble a été défoncée.
Après l'attaque, Saindon, grièvement blessé, a titubé jusqu'au portique d'un édifice de la rue des Passereaux, un coin de rue plus loin.
Le voyant s'effondrer au sol, une locataire a appelé la police vers 6h15. Ianick Saindon a été transporté à l'hôpital, mais est décédé vers 7h des blessures faites au thorax par une arme blanche.
Longue feuille de route judiciaire
Les cheveux très ras, le visage complètement impassible, Samuel Simard n'a aucunement réagi durant sa brève comparution, se contentant de regarder dans la salle d'audience.
Comme tous les accusés de meurtre, il demeurera détenu durant les procédures, à moins de présenter une demande de remise en liberté provisoire en Cour supérieure. Le dossier de Samuel Simard reviendra au tribunal le 26 mars pour compléter la divulgation de la preuve.
Malgré son jeune âge, Samuel Simard traîne déjà une longue feuille de route judiciaire.
En novembre 2011, il a été condamné à une peine globale de quatre ans pour un vol commis à l'aide d'une fausse arme à feu quelques mois plus tôt.
Comme le jeune homme n'a pas respecté des conditions de sa libération conditionnelle, il était en liberté illégale depuis le 8 janvier et recherché par la GRC et le Service correctionnel du Canada. Tout renseignement pouvait valoir une récompense de 2000 $ au collaborateur, précisaient les policiers.
Samuel Simard a accumulé depuis 2010 les accusations de bris de condition. Il a aussi déjà été condamné pour possession de stupéfiants.
À l'automne 2009, alors qu'il était âgé de 17 ans, Samuel Simard avait fui la maison familiale. À la demande de ses parents, la police de Québec avait lancé un avis de recherche un mois plus tard.
Derniers adieux sur Facebook
«Rest in peace, vieux». «Veille sur nous, man». Les messages d'adieu s'accumulaient lundi sur le profil Facebook de Ianick Saindon, jeune homme au passé tumultueux.
Selon ce qu'on peut lire dans sa trentaine de dossiers judiciaires accumulés depuis 2008, Ianick Saindon a souvent eu à faire avec la justice, mais rarement pour des infractions d'envergure.
Sa plus grosse sentence aura été une peine de cinq mois et demi en mars 2013 pour une histoire de menaces de mort. Il a le plus souvent été reconnu coupable de non-respect des conditions de liberté surveillée et d'au moins un vol et une possession de drogue.
Le jeune homme de 25 ans a fréquemment changé d'adresse au cours des dernières années, transitant par Shawinigan, Saint-Tite et Québec.
Dans leurs messages, plusieurs amis déploraient cette mort violente, survenue à un moment où, selon eux, leur ami «voulait s'en sortir». «Tu avais tellement de projets d'avenir», regrettait un ami.
«J'espère qu'il trouvera la paix intérieure au moins là-bas», souhaitait une de ses ex-copines.