Un manifestant lève les mains devant des voitures de police à Ferguson, au Missouri, la deuxième nuit suivant la décision du jury de ne pas inculper Darren Wilson, le policier qui a abattu Michael Brown. 

Un grand juré de Ferguson veut briser le silence

Un membre du grand jury qui a refusé de porter des accusations contre le policier ayant abattu Michael Brown intente une poursuite contre le procureur pour avoir laissé sous-entendre que les 12 jurés avaient tous conclu à l'inexistence de preuves.
Une organisation de défense des droits civiques, the American Civil Liberties Union (ACLI), a déposé la plainte au nom du juré anonyme. Celui-ci veut obtenir le droit de discuter publiquement de ce dossier. S'il le faisait présentement, il pourrait faire face à des accusations puisque les délibérations d'un grand jury doivent demeurer secrètes. Le juré aurait aussi affirmé qu'il avait l'impression que les preuves n'avaient pas été présentées comme elles le sont normalement, comme s'il s'agissait en fait du procès de Michael Brown et non celui du policier Darren Wilson.
Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans, n'était pas armé lorsqu'il a été atteint par six projectiles tirés par le policier blanc Darren Wilson. Sa mort a été à l'origine d'émeutes et de manifestations qui avaient duré plusieurs jours dans la région de Saint Louis. Le 24 novembre, les violences se sont multipliées lorsque le procureur Bob McCulloch a annoncé la décision du grand jury.
Le plaignant croit que les informations actuellement disponibles sur les opinions du grand jury ne sont pas tout à fait exactes, particulièrement l'affirmation voulant que tous les jurés croyaient qu'il n'existait aucune preuve pour une quelconque accusation, peut-on lire dans la poursuite.
La poursuite a été déposée contre M. McCulloch - qui a supervisé l'enquête - parce qu'il a la responsabilité de porter des accusations contre ce juré. Son porte-parole, Ed Magee, a dit que le bureau du procureur n'avait pas encore lu la poursuite et ne pouvait pas la commenter.
L'avocat de l'ACLI, Tony Rothert, a fait remarquer qu'il n'y avait que 12 personnes qui ne pouvaient pas parler des preuves qui ont été présentées: les 12 personnes les plus au courant du dossier mais qui sont tenues au secret.
«Ce que souhaite (ce juré) est de pouvoir participer au débat», a dit l'avocat.