Stephen Harper est arrivé sur les lieux du débat accompagné de sa conjointe Laureen Harper.

Un «GPS» pour le vote anti-Harper

La section québécoise de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) a mis au point un outil technologique incitant à «barrer la route aux conservateurs de Stephen Harper». Un site accessible à ses membres, mais aussi ouvert à tous les citoyens.
La vice-présidente de l'Alliance pour le Québec, Magali Picard, a mentionné au Soleil que quiconque est intéressé par cette démarche n'a qu'à se rendre sur le site Internet du syndicat pour trouver ce que l'AFPC a baptisé le «GPS» électronique. Selon elle, quelques milliers de personnes l'ont utilisé.
Les intéressés n'ont qu'à inscrire leur code postal pour savoir s'ils demeurent dans une des circonscriptions ciblées pour cette opération de «vote stratégique». Si c'est le cas, un message apparaît.
Les pourcentages pour les intentions de vote sont attribués à chacun des candidats. Ils proviennent de l'amalgame des sondages les plus récents. «Le vote stratégique consiste à voter pour le parti le mieux placé pour battre les conservateurs dans VOTRE circonscription», insiste le message.
Les données sur les coups de sonde sont renouvelées environ tous les deux jours, a précisé MmePicard. Faute de temps, les membres de l'AFPC du reste du Canada (45 000 des 180 000 syndiqués sont au Québec) ne pourront accéder au dispositif technologique.
Les responsables régionaux hors de la province écriront cependant cette semaine à leurs membres pour marteler le même message, là aussi dans une série de circonscriptions «ciblées». Ils inviteront les syndiqués «à être vigilants, à voter avec leur tête pour barrer la route aux conservateurs».
L'Alliance est affiliée à la FTQ. Elle rejoint l'offensive de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec, engagée dans une campagne «n'importe-qui-sauf-Stephen-Harper».
En ligne dès jeudi matin
La vice-présidente syndicale a indiqué que l'outil sera mis en ligne par la FTQ au cours des prochaines heures. Une source à la Fédération a affirmé que ce sera fait jeudi matin, sous l'appellation «votonsstrategique.ca».
La FTQ a plongé dans la mêlée électorale, il y a quelques semaines. Elle recommande d'appuyer une dizaine de candidats néo-démocrates, jugés les mieux placés pour défaire les porte-couleurs du Parti conservateur du Canada. Les circonscriptions retenues sont pour la plupart dans la grande région de Québec, y compris sur la Rive-Sud, ainsi qu'au Lac-Saint-Jean.
Compte tenu de l'allure que prend la course électorale, a commenté Magali Picard, «il est possible qu'au matin du 19 octobre», la recommandation implicite soit de soutenir un candidat autre que néo-démocrate, un libéral, par exemple.
«L'objectif demeure le même : barrer la route aux conservateurs [qui sont] dangereux pour la classe moyenne et les travailleurs», a-t-elle avancé. Par contre, le NPD demeure encore le mieux placé pour atteindre ce but. «En date d'hier», l'option préconisée par la centrale est toujours «correcte».
Le secrétaire général de la FTQ Serge Cadieux, lui, croit toujours qu'à moins d'un effondrement dans les enquêtes d'opinion, imprévisible pour l'instant, à son avis, la centrale maintient son message en faveur des candidats du Nouveau Parti démocratique.
«Ça peut changer, mais ça prendra une différence marquée. Nous n'appuyons pas un parti politique, a-t-il réitéré. Nous sommes sur le vote stratégique.» Il n'y a qu'à Montréal que la FTQ a opté pour un libéral, Anthony Housefather, qui affronte le conservateur Robert Libman, dans Mont-Royal.