Si Le Soleil a eu vent d'un contrat de 700 000 $, le directeur général, Reynald Deraspe, se contente de valider qu'il s'agit de «quelques centaines de milliers de dollars». Il souligne également que la commission scolaire des Découvreurs n'aurait pas été la seule à être flouée.

Un fournisseur de la CS des Découvreurs visé par l'UPAC

Un fournisseur de services de la commission scolaire des Découvreurs est sous la loupe de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). L'entreprise visée avait un contrat de plusieurs centaines de milliers de dollars dans le domaine de la formation professionnelle. Elle faisait aussi affaire avec d'autres ministères et organismes publics.
C'est en octobre que l'UPAC a avisé les dirigeants de la commission scolaire des Découvreurs que son fournisseur faisait l'objet d'une enquête. «Ils veulent voir si les contrats ont été respectés et, surtout, s'il y a eu de la double facturation», explique son directeur général, Reynald Deraspe, qui semblait surpris la semaine dernière d'être questionné à ce sujet.
Il n'a pas voulu divulguer le nom de l'entreprise concernée, se contentant d'expliquer qu'elle octroyait des services comme la «grande variété de gens avec qui on a des contrats». «Ça peut être de l'accompagnement d'élèves, de la formation, de la fourniture de matériaux ou de locaux», a-t-il vaguement précisé, ajoutant que cela faisait plusieurs années que la commission scolaire faisait affaire avec elle.
Plusieurs entités publiques concernées
Si Le Soleil a eu vent d'un contrat de 700 000 $, M. Deraspe se contente de valider qu'il s'agit de «quelques centaines de milliers de dollars». Il souligne également que la commission scolaire des Découvreurs n'aurait pas été la seule à être flouée.
«L'enquête porte sur la façon dont l'organisme, qui est en service avec nous et d'autres ministères et organismes, facturait», fait-il valoir, disant ignorer quelles sont les autres instances concernées. «On n'est pas en tête de l'enquête. L'enquête qui se fait actuellement à ma connaissance porte sur je ne sais pas si c'est 5, 10 ou 4 organismes publics.» De son côté, l'UPAC demeure muette. «On ne peut pas confirmer ou infirmer ces informations», a commenté la porte-parole, Anne-Frédérick Laurence.
Information publique?
La commission scolaire des Découvreurs a résilié en octobre son entente avec le fournisseur supposément fautif. M. Deraspe soutient que cela s'est fait dans la même semaine que le coup de fil de l'UPAC. Il précise cependant que c'est en dressant son bilan que la direction s'est aperçue qu'elle n'était pas satisfaite des services offerts.
Les élèves ont été avisés par téléphone et les enseignants rencontrés. Une solution de rechange a été trouvée, si bien qu'il n'y a eu aucun impact sur la formation qui devait être donnée, jure le directeur général. «Ça n'a pas du tout influencé la poursuite de leurs cours ou la réussite des élèves», insiste-t-il.
S'il assure que les gens concernés ont été avertis des changements, l'information n'a pas été relayée lors des réunions du conseil des commissaires qui ont suivi ou, du moins, aucun des procès-verbaux consultés par Le Soleil n'en fait mention. «Ça n'a pas à passer au conseil des commissaires, c'est des gestes administratifs. Il y a des politiques de délégation de pouvoirs et la gestion quotidienne, c'est le personnel administratif», tranche Reynald Deraspe.
La direction n'a pas encore décidé si elle pourrait poursuivre son fournisseur. «On n'ira pas non plus prendre la peine de porter des accusations si le ministère public en porte sur le même sujet, on peut les laisser aller», fait valoir le directeur général, qui dit suivre le dossier «de très près».