À compter de vendredi à Edmonton, Pascal Clément et ses joueurs tenteront de remporter un cinquième titre canadien en volleyball masculin pour le Rouge et Or après ceux de 1994, de 1992, de 1990 et de 2013.

Un coup de théâtre à écrire

La scène se répète sans interruption depuis 12 ans. Et pour la 23e fois depuis qu'il dirige le Rouge et Or, Pascal Clément accompagne son équipe au Championnat canadien universitaire de volleyball masculin. Ses joueurs connaissent bien leur rôle, seule la fin de l'histoire reste inconnue.
«La différence entre le sport et le théâtre, c'est qu'on ne connaît pas le punch à l'avance. C'est à nous d'écrire le coup de théâtre. À ce titre, je dirais que le sport se rapproche plus de l'improvisation, car les athlètes décident eux-mêmes de la fin», illustre Clément.
L'artiste à la barre du Rouge et Or n'a pas perdu son désir de vaincre malgré ses images colorées. Il sait ce qui attend son club à Edmonton, l'Université de l'Alberta étant l'hôte du Championnat canadien à compter de vendredi.
Quatrième favori et champion du Québec, le Rouge et Or croise le fer dès le début avec les Marauders de McMaster, maîtres de l'Ontario et cinquièmes au tableau des favoris. Trinity Western, Manitoba et UBC sont les trois premiers favoris.
«La logique de la saison a été respectée à 100 %, mais il reste qu'on ne voit pas souvent deux champions de conférences, notamment le Québec et l'Ontario, s'affronter en première ronde», confiait Clément, dont la troupe devait rouler vers Montréal en pleine nuit, mercredi, pour se rendre à l'aéroport Trudeau. Le déplacement a été annulé à 2h30 en raison des difficiles conditions routières. L'équipe a attendu à midi, mercredi, pour s'y rendre afin de prendre son vol à destination de l'Ouest canadien, où l'arrivée était prévue vers 0h30, jeudi matin.
Usé, mais expérimenté
Optimiste, le Rouge et Or? «Je répondrais serein, car le sport ne fonctionne pas à l'optimisme. Nous sommes confortables, car on s'est donné le droit de pouvoir gagner, et c'est ce qui importe le plus. Je suis très heureux d'affronter l'Ontario, ce sera une bataille de champions. On s'est préparé le plus simplement et efficacement possible, mais avec des consignes précises car il faut quand même savoir où l'on s'en va.»
Le Rouge et Or se pointe à Edmonton avec une équipe fragilisée par les blessures. En finale québécoise, l'UL a perdu les services du centre de 6'8" Jean-Philippe Desjardins, poussé à l'inactivité par une entorse à la cheville. Il y a trois semaines, c'était l'attaquant recrue Chhavanith Ponn qui voyait sa saison prendre fin prématurément.
«Nous avons un club usé, mais on a plus d'expérience. Vicho [Vincente Parraguirre] en est à sa troisième année, notre passeur [Ethan Ellison] a plus de vécu à sa deuxième saison, Bruno Lortie [attaquant] et Vincent Bernier-Thibault [libéro] terminent leur carrière, en fin de semaine.»
Le dernier affrontement entre McMaster et l'Université Laval remonte à mars 2014, quand les Marauders l'avaient emporté 3-0 dans le match pour la médaille de bronze. Un an plus tôt, en 2013, le Rouge et Or avaient remporté son quatrième titre canadien en battant son rival ontarien en finale, au PEPS. Le Rouge et Or a aussi gagné l'or en 1994, en 1992 et en 1990.
«McMaster aligne un centre [Danny Demyanenko] très physique, c'est leur bombe au centre. On avait eu de la misère à le contrer en 2014, j'imagine que quatre ans plus tard, ce ne sera pas plus facile...»