La première rencontre entre Gabby Holland (Teresa Palmer) et Travis Shaw (Benjamin Walker) se passe plutôt mal, mais on devine tout de suite que c'est le coup de foudre.

Un choix: la recette Sparks **1/2

La sortie d'Un choix à ce moment de l'année n'a rien de fortuit: la Saint-Valentin s'en vient. Quoi de mieux qu'une formule éprouvée pour faire soupirer les coeurs esseulés ou mal mariés? Une onzième adaptation d'un roman de Nicholas Sparks. On se répète, mais l'auteur à succès est une lucrative franchise du drame sentimental à lui tout seul. Ce quatrième long métrage en quatre ans poursuit dans la même veine que les autres. Pour le meilleur et, surtout, pour le pire.
Chez Nicholas Sparks, les histoires se suivent... et se ressemblent. C'est seulement le décor qui change un peu. Même pas, en fait. Le récit se déroule à nouveau dans un petit village de la Caroline du Nord. Ce qui est formidable pour les belles images de coucher de soleil, les filles en bikini sur le bord de l'eau et les barbecues sous un ciel étoilé (une scène récurrente).
Justement, Travis Shaw (Benjamin Walker) se fait une petite bouffe bruyante qui irrite Gabby Holland (Teresa Palmer), sa nouvelle voisine. La première rencontre entre ce charmeur du Sud et la fougueuse étudiante en médecine se passe plutôt mal, mais on devine tout de suite que c'est le coup de foudre même si tout les oppose (à part le fait qu'ils parlent à leur chien).
On vous épargne les détails de ce petit drame sentimental chez les bien nantis: on connaît les grandes lignes jusqu'à la fin après les 15 premières minutes. C'est une recette dont on change le moins possible les ingrédients: après tout, le client en redemande. Il est même prêt à passer outre les invraisemblances, même les plus flagrantes, et à oublier que tout ça traîne terriblement en longueur. Mais ça demeure une forme de chantage émotif. Que Sparks manipule sans vergogne.
D'ailleurs, pour cette adaptation, Sparks agit aussi comme producteur. Il a misé sur Ross Katz comme réalisateur. Adult Beginners (2014), son premier long métrage, n'est sorti que dans quelques salles et est passé directement à la sortie DVD...
On comprend aisément. Sa réalisation ne se distingue en rien: convenue et à l'image du récit, soit avec tous les clichés du genre, y compris le ralenti dans le drame. Ou comme cet orage, avec le tonnerre à l'appui, pour nous prévenir que le ciel de la relation entre les deux amoureux vient de s'assombrir... Difficile de faire plus télégraphié.
Bon, on s'entend qu'il s'agit d'un produit destiné à une consommation de masse et formaté en conséquence. Dans cette mélasse de bons sentiments, Benjamin Walker, dans un rôle à l'opposé de celui du capitaine de navire dans Au coeur de l'océan, se tire très bien d'affaire. Il réussit même à rendre sympathique son personnage d'homme à femmes (qui cache une profonde insécurité et une peur de l'engagement, bien sûr). Une chance parce que Teresa Palmer (Extrême limite) a tendance à surjouer.
Pour ceux qui se demandent à quoi le titre fait référence, ça vient avec la petite morale de circonstances: la vie est une suite de décisions et chaque choix, petit ou grand, aura une influence considérable sur celle-ci. C'est drôle, on n'avait pas remarqué.
N'empêche. Si vous vous êtes rendus jusqu'ici dans ce texte, vous pourrez faire le choix d'aller voir ou pas ce film en toute connaissance de cause.
Au générique
Cote: **1/2
Titre: Un choix (v.f. de The Choice)
Genre: drame sentimental
Réalisateur: Ross Katz
Acteurs: Benjamin Walker et Teresa Palmer
Classement: général
Durée: 1h51
On aime: la présence de Band of Horses et The National sur la trame sonore
On n'aime pas: les clichés, le récit prévisible, le chantage émotif