Chaque émission d'Un chef à la cabane se termine autour de la table, à déguster ce qu'on a cuisiné durant l'émission, pendant que le four réchauffe la cabane.
Chaque émission d'Un chef à la cabane se termine autour de la table, à déguster ce qu'on a cuisiné durant l'émission, pendant que le four réchauffe la cabane.

Un chef à la cabane: Martin, Mononc' et les autres

Richard Therrien
Richard Therrien
Le Soleil
Il est encore bien tôt pour vous parler des sucres, mais Un chef à la cabane devrait vous ouvrir l'appétit. Ceux qui, comme moi, étaient restés marqués par les démonstrations de dépeçage d'orignal de Martin sur la route, la précédente production de Martin Picard, pourront souffler en regardant sa nouveauté, en ondes dès demain à 21h, à Télé-Québec.
Les végétariens ont quand même intérêt à regarder autre chose le vendredi soir. Quand la truie accouche, on ne parle pas de ses porcelets, on les appelle déjà «jambons», à peine sortis de leur mère. Au huitième nouveau-né : «On est rendu à huit jambons!»
Tournée comme un docu-réalité, la série de huit épisodes nous emmène à la cabane à sucre de Martin Picard, à Saint-Benoît-de-Mirabel sur la Rive-Nord de Montréal, qui l'occupe 12 mois par année, bien au-delà du temps des sucres. Le chef du Pied de cochon élève ses propres porcs, qui finiront au menu.
La série est en quelque sorte un avant-goût de ce qui vous attend si vous réussissez à obtenir une réservation à la Cabane à sucre Au pied de cochon, déjà complète pour la saison qui vient. De la bouffe de cabane réinventée, tout sauf diète, et qui satisferait Gargantua et Pantagruel. Dix mille clients s'y rendent chaque année.
Un chef à la cabane mise sur les personnages qui entourent Picard, tous intéressants, en commençant par son oncle, «Mononc' Marc», responsable de faire bouillir l'eau d'érable. Les autres sont Vincent Dion-Lavallée, responsable des cuisines, l'agronome Carl Rousseau et la pâtissière Gabrielle Rivard-Haller, qui fait le millefeuille le plus cochon qu'il m'ait été donné de voir.
Chaque vendredi, on prépare deux recettes, une salée et une sucrée. Au menu de la première émission : «la palette de la cabane», de bons gros morceaux de veau cuits très longtemps, huîtres au four et crêpes d'aubergine cuites dans le gras de canard. Ajoutez à tout ça du sirop d'érable et au diable les calories.
Rien à son épreuve
Il n'y a rien à l'épreuve du chef Picard, qui expérimente depuis l'acquisition de sa cabane. Pour faire cristalliser son sirop et le transformer en beurre d'érable, il utilisera une cuillère de bois coupée, fixée au bout d'une perceuse. Il a aussi pensé nourrir ses bêtes avec des citrouilles, pour donner bon goût à son jambon. On verra s'il obtiendra le succès escompté.
Un chef à la cabane ne se résume pas à des recettes. Dans le premier épisode, tourné en octobre, le chef observe avec désolation l'état de sa terre depuis la tornade qui a tout ravagé l'été dernier dans la région. C'est là qu'entre en scène Stéphane Guay, biologiste, sommité en matière d'érables au Québec, dont la passion est contagieuse. Avec lui, Picard et ses amis réussiront à redonner à leur érablière son lustre d'avant, en transplantant les meilleurs arbres et en maximisant la production. Fort instructif.
Chaque émission se termine autour de la table, à déguster ce qu'on a cuisiné durant l'émission, pendant que le four réchauffe la cabane. Une ambiance conviviale qu'on envie, bien franchement.
À la di Stasio
Pour ceux qui se demandent ce qui arrive avec À la di Stasio, après seulement six épisodes cet hiver, l'émission reviendra pour une saison complète l'an prochain.