Muguette Paillé de Sainte-Angèle-de-Prémont, qui a vu sa question sur les intentions des chefs pour créer des emplois dans la Mauricie être répondue directement par Michael Ignatieff, a attiré l'attention des gazouilleurs sur Twitter.

Twitter couronne Mme Paillé

Twitter a couronné un gagnant au débat des chefs, mercredi, et il ne s'agit d'aucun des quatre chefs. C'était pourtant presque unanime, la gagnante est Muguette Paillé, de Sainte-Angèle-de-Prémont, la dame qui a posé la deuxième question aux chefs. Le perdant du débat est tout aussi clair: il s'agit de Stephen Harper, dont le ton paternaliste n'a tout simplement pas passé.
Avant la fin du débat, Mme Paillé avait sa page Facebook, elle faisait partie des tendances mondiales dans les mots clés utilisés sur Twitter... c'est dire!
Mme Paillé voulait savoir ce que les chefs allaient faire dans l'immédiat pour créer des emplois dans sa région, la Mauricie. Le chef libéral, Michael Ignatieff, s'est adressé à elle directement, et à plusieurs reprises. Les gazouilleurs l'ont remarqué et n'ont pas lâché : «Je pense qu'Iggy veut le vote de Mme Paillé!» «Coudonc, est-ce qu'Ignatieff a dîné chez Mme Paillé ce midi?» et ainsi de suite. La blague s'est continuée tout au long du débat. «Mme Paillé veut un nouveau pont Champlain aussi...»
Les journalistes sont revenus sur le thème lors des entrevues après le débat en interrogeant les chefs à savoir s'ils avaient répondu aux questions de Mme Pail­lé. En entrevue à RDI, elle était manifestement satisfaite que ses préoccupations aient pris beaucoup de place dans le débat, et espère maintenant que cela donnera des résultats. «Si on peut procurer de l'emploi au monde comme moi qui a de l'expérience!» a-t-elle lancé.
Sur Twitter, le ton doux et assuré de Stephen Harper ne passe tout simple pas. «Harper, j'ai 19 ans, pas 4. Arrête de me parler avec cette voix», a lancé le Montréalais Gabriel Parent-Nadon.
Ce gazouillis représente bien à quel point, pour les électeurs qui suivaient le débat en ligne, le ton et l'attitude de Stephen Harper, qui ne regardait jamais ses opposants en face, ne passe pas. Pas surprenant que la réplique de Gilles Duceppe «Je veux vous le dire dans le blanc des yeux» ait été relevée à plusieurs reprises.
Un «curé», un «ton paternaliste», un «pasteur sudiste», comme le disait Marie-France Bazzo. Les commentaires étaient nombreux et variés pour exprimer le malaise qu'a provoqué le premier ministre sortant sur Twitter, autant en raison du ton que des propos qu'il a tenus à quelques occasions, com­me son discours sur la loi et l'ordre qui n'a pas plu du tout. On ressentait la même indifférence sur la Toile quand M. Harper parlait de la coalition.
Harper, francophone?
Quand le chef conservateur parlait des francophones comme fondateurs du Canada, la twittosphère n'y a pas cru non plus, encore moins lorsqu'il a assuré qu'il était fier de parler français à la Maison-Blanche. Les gazouilleurs ont comparé M. Harper à Jean Chrétien après la déclaration du premier comme quoi «le Canada est le meilleur pays du monde».
Un thème, par contre, qui a peut-être relevé la cote de sympathie de M. Harper est peut-être celui des champs de compétence des provinces, qu'il s'est clairement engagé à respecter. Parce qu'autrement, plusieurs électeurs sur la Toile ont déploré que plusieurs promesses libérales et néo-démocrates étaient directement dans les champs de compétence des provinces.
Le débat a donné lieu à des échanges intéressants entre Jack Layton et Gilles Duceppe. Sur Twitter, les répliques qu'ils se sont échangées sur le hockey ont été beaucoup citées. M. Layton a dit que le Bloc était comme une équipe de hockey formée seulement de défenseurs, ce à quoi M. Duceppe a répondu que son équipe comptait beaucoup plus de joueurs. Ce dernier a aussi été cinglant à l'endroit du chef du NPD, en lui signifiant à plusieurs reprises que comme lui, il ne prendra jamais le pouvoir, mais que M. Layton ne veut pas l'admettre.
C'est probablement le thème de la Constitution qui a fait le plus gazouiller, mais les avis étaient partagés à savoir si le sujet était toujours pertinent aujourd'hui.