Mariloup Wolfe est la porte-parole de Yoopa.

TVA lance Yoopa, une chaîne pour les deux à six ans

Les enfants d'âge préscolaire auront un nouveau mot dans leur vocabulaire dès le 1er avril : Yoopa. TVA lancera cette journée-là une nouvelle chaîne qui devrait ravir les tout-petits de deux à six ans,
«Depuis quelques années, la télé jeunesse s'est adressée à un auditoire un peu plus vieux, et on a délaissé les très jeunes enfants», plaide Denis Dubois, l'artisan en chef de Yoopa, mot inventé qu'il espère imposer comme le nouveau «bravo» des enfants. Cet ancien patron de la programmation de VRAK.TV travaille sur ce projet depuis un an.
J'aimerais bien vous dire que Yoopa propose un contenu intéressant, mais TVA n'avait absolument rien à nous dévoiler hier sur la programmation de la nouvelle chaîne. Rien d'autre que la grille comptera deux productions originales québécoises, dont une dramatique quotidienne pour enfants produite à l'interne. TVA n'avait pas produit d'émissions jeunesse depuis une vingtaine d'années, du temps de Fanfan Dédé et des Satellipopettes.
Pour le reste, Denis Dubois n'a pu nier que certaines émissions de Yoopa auront déjà été diffusées sur d'autres chaînes. «Si elles sont de qualité, pourquoi je m'en priverais?» Vrai que les enfants en bas âge ne se lassent pas de revoir les mêmes épisodes. Même qu'ils y prennent surtout goût après avoir vu un épisode quatre fois parce qu'ils anticipent les événements, explique Denis Dubois.
L'habillage de la chaîne, qui se décline en 20 logos, est franchement amusant et ludique. C'est à l'image de Yoopa, qui se veut éducative, oui, mais pas sur un ton ennuyant. «On veut s'amuser!» s'écrie la comédienne Mariloup Wolfe, porte-parole de Yoopa, et bien­tôt maman d'un premier enfant.
Denis Dubois annonce un environnement moderne. Pas d'horloges à coucou ou de fusées à la Tintin, mais plutôt des objets avec lesquels les enfants évoluent aujourd'hui. «On voulait aussi une marque enrobante et réconfortante.»
Il faudra s'y faire : il y aura de la pub sur Yoopa. Mais pas plus de deux minutes par heure, et pas de la pub traditionnelle. Rien n'empêche TVA d'augmenter cette portion en catimini par la suite. Yoopa sera disponible chez les abonnés de la télévision numérique uniquement, comme Zeste, dévoilée mercredi par Serdy.
Yoopa n'est pas qu'une chaîne télé, mais aussi une déclinaison de multiples services, dont un magazine destiné aux parents, un site Web et un service payant de vidéo sur demande. TVA investira 16 millions $ sur cinq ans dans cette chaîne, qui sera disponible gratuitement durant ses deux premiers mois. C'est la sixième chaîne spécialisée que lance TVA, après LCN, Argent, Mystère, Prise 2 et Les idées de ma maison.
Astral Media possède aussi une licence pour une chaîne similaire, nommée VRAK Junior, mais le projet a été mis sur la glace. Des négociations avec les distributeurs amorcées en 2006 avaient alors échoué, mais l'entreprise compte faire renaître le projet d'ici un an, de sorte que les tout-petits pourraient se retrouver avec deux chaînes leur étant destinées.
Même si le projet était en branle depuis un an, TVA a présenté Yoopa aux médias à peine trois jours après avoir reçu sa licence de dif­fusion du CRTC, assuré d'une distribution chez Vidéotron, qui appartient aussi à Quebecor. Les négociations des chaînes Zeste chez Serdy et Télétoon Rétro chez Astral, qui ne font pas partie du giron Quebecor, ont été beaucoup plus longues avec Vidéotron, étran­gement.
Un distributeur peut-il privilégier des chaînes appartenant à la même entreprise au profit de canaux lancés par la concurrence? Chez Vidéotron, on assure que chaque proposition de chaîne est évaluée séparément, sans aucun parti pris. Le câblodistributeur le plus important de la province sera néanmoins tenu dès 2011 par le CRTC de distribuer deux nouvelles chaînes de la concurrence chaque fois qu'il rend disponible une chaîne du Groupe TVA.