Durant la campagne électorale, Justin Trudeau avait promis que l'élection de 2015 serait la dernière tenue en vertu du système uninominal à un tour.

Trudeau veut un gouvernement et un Sénat moins partisans

À la veille de la reprise du procès de Mike Duffy, le chef libéral fédéral Justin Trudeau a annoncé mardi diverses mesures de «transparence» d'un éventuel gouvernement qu'il dirigerait, ce qui inclurait un plan pour mettre fin au côté partisan du Sénat.
Selon lui, les sénateurs doivent être choisis par un processus élargi et non partisan - qui reste à être défini - afin qu'ils puissent mieux remplir leur fonction d'étudier les projets de loi.
Dans la même veine, il s'en est pris au chef néo-démocrate Thomas Mulcair, lui reprochant de faire miroiter l'abolition du Sénat, tout en sachant très bien qu'il ne peut le faire sans une réforme de la Constitution et sans l'appui des provinces.
«Or, le premier ministre [Philippe] Couillard [du Québec] et les premiers ministres de différentes provinces ont déjà dit non à l'abolition du Sénat; c'est très clair. Mais M. Mulcair continue de faire miroiter aux Québécois et aux autres Canadiens que l'abolition du Sénat est possible, même s'il sait qu'il s'en va droit dans un mur», a-t-il dit.
De même, en matière parlementaire, M. Trudeau s'est engagé de nouveau à accroître le nombre de votes libres. «Il y a énormément de votes qu'on veut qu'ils soient des votes libres. Nous nous devons de donner aux députés la responsabilité de débattre, d'offrir des amendements, de discuter des projets de loi. On déplore tous que le débat à la Chambre des communes consiste à répéter des lignes du parti», a-t-il critiqué.
De façon générale, il dit vouloir aussi un Parlement plus ouvert, ce qui signifie une plus grande divulgation des dépenses et frais de déplacement.
Parmi ses autres mesures de «transparence» d'un éventuel gouvernement libéral, M. Trudeau a réitéré ses engagements à redonner le droit de parole aux scientifiques et aux fonctionnaires fédéraux et à ramener le formulaire long du recensement. «Nous nous devons de restaurer le professionnalisme et la liberté de notre fonction publique, de nos institutions. C'est pour ça que j'ai avancé un programme au niveau de la transparence, une réforme de l'accès à l'information», a-t-il dit.
Et il estime que cet accès facilité à l'information doit commencer par le bureau du premier ministre. «Nous nous assurerons que ces nouvelles mesures relatives à l'accès à l'information s'appliquent aux bureaux du premier ministre et des ministres, ainsi qu'aux organismes administratifs qui appuient les travaux du Parlement et des tribunaux», a-t-il ajouté.
Le chef libéral se trouvait mardi matin dans son bureau de campagne de Papineau, dans le centre nord de Montréal.