Trop haut, trop bas!

Le Canadien de Montréal traverse une période difficile, mais peut-on vraiment parler d'une crise à l'intérieur de l'équipe?
Si crise il y a, elle existe surtout chez les amateurs ou dans l'esprit de certains journalistes. Je ne crois pas que Marc Bergevin soit sur le point de congédier l'entraîneur Michel Therrien ou de faire le ménage au niveau des joueurs. Plusieurs d'entre eux n'intéressent pas les autres équipes et Therrien ne mérite pas de prendre la porte.
Le directeur général du Canadien ne touchera pas à son noyau composé de Carey Price, P.K. Subban, Max Pacioretty et quelques autres. Il n'a donc pas tellement à offrir pour obtenir des patineurs d'impact.
En septembre dernier, la plupart des observateurs prédisaient une saison plutôt ardue pour le Tricolore. Certains l'excluaient des séries éliminatoires, d'autres prévoyaient qu'il lutterait avec plusieurs équipes pour les derniers laissez-passer donnant accès à la grande danse du printemps. Ils n'étaient pas nombreux à le voir parmi les puissances de l'association de l'Est.
Donc, le Canadien se trouve là où il devrait être. Peut-on vraiment parler d'une crise? D'autant plus qu'il a gagné son dernier match.
Je me répète, mais les partisans du Canadien s'enflamment vite pour déchanter encore plus rapidement. Ils oscillent entre l'euphorie et la dépression. Ils montent trop haut dans la victoire et descendent trop bas dans la défaite.
La première moitié de saison a confondu bien du monde. La parité du hockey d'aujourd'hui a ensuite rejoint la formation montréalaise. Si les séries éliminatoires commençaient aujourd'hui, le Canadien serait du groupe des huit participants. Pour reprendre l'expression populaire, il n'y a rien de brisé.
Autre temps
Les temps ont changé. On ne peut plus exiger du Canadien qu'il remporte la Coupe Stanley. On lui demande simplement de prendre part aux séries éliminatoires.
Des irréductibles de la Sainte-Flanelle ne tarderont pas à me ramasser d'aplomb. On va encore me suggérer de m'en aller au Colorado avec les anciens Nordiques. On va encore me reprocher de discréditer la plus prestigieuse organisation de hockey au monde.
Je suis habitué à me faire taper dessus par quelques inconditionnels du Canadien. Je préviens tout de suite ceux qui me narguent régulièrement. Oui, le Bleu-Blanc-Rouge a remporté 24 Coupes Stanley. C'était hier, avant-hier et avant-avant-hier. On parle encore des années fastes et des exploits des Maurice Richard, Jean Béliveau, Guy Lafleur et tous les autres grands de différentes époques.
L'étoile du Canadien a pâli dans les dernières décennies et on a cessé de les appeler les Glorieux. C'est toujours une grande organisation, mais l'équipe sur la patinoire de l'ère moderne ne ressemble en rien aux puissances des années 50, 60 et 70. Sa notoriété provient beaucoup plus des conquêtes passées que des succès récents.
Le Canadien n'a remporté que deux Coupes Stanley dans les 33 dernières années. Il n'a pas gagné ce trophée depuis 20 ans. Depuis son dernier titre en 1993, il a raté les séries éliminatoires à sept reprises. Il n'a pas veillé tard dans les rencontres d'après-saison à l'exception d'une participation à la finale de l'association de l'Est, en 2010.
Le Canadien est maintenant une bonne petite équipe qui doit batailler ferme pour prendre part aux séries. La réalité, c'est ça!
Des défauts cachés?
On dit que le Canadien de Montréal a refusé de céder Rene Bourque à l'Avalanche du Colorado en retour de Pierre-Alexandre Parenteau. Si tel est le cas, l'attaquant de l'Avalanche a peut-être des défauts cachés. À première vue, il semble un bien meilleur joueur que le passif ailier du Canadien en perte de vitesse dans les dernières années. On dit aussi que le Canadien aurait demandé Jamie McGinn pour se départir de Bourque.
Dans la nouvelle économie du hockey, les équipes s'échangent aussi souvent des contrats que des joueurs. Bourque gagnera environ 3 millions $ de moins que Parenteau dans les deux prochaines années.