Les sculptures de Jacques Samson font contrepoint aux oeuvres d'Annie Baillargeon et de Claudie Gagnon.

Trois chez Guimont: trilogie des possibles

Les univers foisonnants et fantasmagoriques de Claudie Gagnon et d'Annie Baillargeon sont en vedette ces jours-ci à la Galerie Michel Guimont. Comme une métaphore de ces visions du monde déjantées qui nous avalent, les sculptures de Jacques Samson leur offrent un contrepoint, et complètent l'improbable, mais néanmoins intéressante trilogie.
Les montages photographiques récents d'Annie Baillargeon ont pris une dimension narrative forte et dramatique, «moins ornementale, moins désincarnée», note l'artiste. De plus, elle est intervenue à l'aquarelle sur ses oeuvres, qui puisent aux relations mère-enfants et aux deuils à faire. Festives et sombres à la fois, les images éclatent en un fascinant ballet de feux d'artifice, de nuages, de fanions, de bambins et de corps de femmes.
Jacques Samson présente des sculptures sur pattes ou suspendues au mur, dans la continuité de Vecteurs et embranchements présentée en septembre à la Galerie des arts visuels. Toutefois, espace partagé oblige, l'éclairage ne met pas autant en valeur ses créatures en équilibre, dont les squelettes de tiges de fer et de tuyaux chromés se décuplent habituellement en ombres dansantes. L'intérêt du mariage des pièces de Samson avec celles de Claudie Gagnon est en fait de retrouver l'image du premier dans les mises en scène de la seconde.
Celle-ci expose des images tirées de la vidéo Tableaux, qui était de la Triennale québécoise en 2011, qui était elle-même faite d'images de tableaux vivants inspirés de tableaux de grands maîtres. «Ça m'intéresse, ce genre de dégénérescence, les maladresses font partie de l'oeuvre», commente l'artiste, qui a aussi ressorti deux images de ses archives, qui semblent vibrer, enveloppées dans un clair-obscur.
Jusqu'au 20 mars au 273, rue Saint-Paul, à Québec.