Triste fin pour la famille Sévigny

Jeannine Sévigny, cette dame de 60 ans disparue depuis vendredi à Laurier-Station, a été retrouvée sans vie par deux bénévoles hier matin dans une grange à Saint-Flavien, à un peu plus de cinq kilomètres de la résidence où elle logeait.
Selon la Sûreté du Québec, il ne s'agirait pas d'une mort suspecte puisque le corps ne montrerait aucune trace de violence. «Une autopsie sera pratiquée et ce sera seulement par la suite que l'on pourra définir la nature du décès», relate la porte-parole Geneviève Bruneau.
Tout porte à croire cependant que la sexagénaire serait morte de froid. Rappelons que le 23 décembre, Jeannine Sévigny avait quitté à pied le centre où elle résidait temporairement sur la rue de la Chapelle, à Laurier-Station. Son corps a finalement été retrouvé quatre jours plus tard, au coin du rang du Bois-de-l'Ail et de la route de la Pointe-du-Jour.
Selon ses proches, elle aurait tenté de regagner son domicile, situé dans le rang Sainte-Marie, à Saint-Agapit. «Moi, je pense juste qu'elle avait décidé de rentrer chez elle. Elle avait décidé de passer les Fêtes chez elle plutôt que dans une résidence ou un environnement qu'elle ne connaît pas», estime Nathalie Bourgault, fille de Diane Bourgault, une amie de la victime. Ce sont ces deux dames qui, guidées par leur instinct, ont retrouvé le corps de la disparue.
«C'est Jeannine qui nous a amenées là. Elle avait décidé que c'était assez et elle voulait qu'on la trouve, soutient Diane. Voyons, je ne passe jamais dans ce rang-là, mais j'ai décidé de passer par là parce que je me suis dit que c'était un raccourci si elle voulait rentrer chez elle.»
Découverte
En entrant dans la grange, les deux dames ont cru voir des bottes de travailleur, ce qui les a d'abord amenées à penser qu'un homme s'était couché à cet endroit. Sans téléphone cellulaire sur elles, elles sont allées demander de l'aide au voisin le plus proche pour appeler le 9-1-1. C'est alors que la répartitrice leur a demandé de retourner sur les lieux afin de vérifier si le corps en question était en vie ou non.
«Quand je me suis approchée et que je me suis penchée, c'est là que j'ai vu de longs cheveux gris», raconte Nathalie. Selon son témoignage, Mme Sévigny était recroquevillée sur le côté. Elle avait enlevé ses gants et ne portait pas de tuque. «Elle était collée face à la grange et derrière elle, il y avait un panneau de bois qui devait la couvrir du vent.»
Au même moment, un autre groupe de bénévoles approchait du même endroit en direction inverse. Quand ils sont arrivés sur les lieux du drame, les policiers avaient déjà pris le relais.
Yvon Demers, dont la femme est la cousine de la victime, est d'avis que Mme Sévigny est plutôt du genre à s'organiser toute seule quand ça ne va pas. «Elle était dépressive et elle ne voulait pas vraiment parler au monde, soutient-il. Je ne sais pas si c'est pour ça qu'elle n'est pas rentrée dans les maisons parce que les maisons étaient assez proches, elle aurait pu demander de l'aide», dit-il.
Ce dernier est resté sur les lieux afin d'accueillir Denise Rousseau, la belle-soeur de Mme Sévigny, lorsque celle-ci est venue déposer des fleurs au pied de la grange. Mme Rousseau a tenu à remercier tous les bénévoles qui ont participé aux recherches. «On est déçu de savoir qu'elle est décédée, ça nous fait tellement de peine. Ses enfants et ses petits-enfants étaient tellement proches de Jeannine. Mais au moins, on l'a retrouvée», souffle-t-elle, visiblement affectée par le triste dénouement.
À la Villa Laurence, où logeait Mme Sévigny depuis une dizaine de jours, le directeur Marco Samson a indiqué que tout le personnel était sous le choc, hier. «C'est sûr que c'est malheureux. [...] On aurait espéré un dénouement meilleur, mais que voulez-vous, c'est une chose de la vie qu'on ne peut pas contrôler», a-t-il déclaré.
Dernières heures
Contrairement à ce qui avait été dit auparavant, Mme Sévigny aurait prévenu le centre qu'elle avait un rendez-vous vendredi et qu'il se pouvait qu'elle ne se présente pas au repas du midi, selon la préposée aux bénéficiaires Francine Houde. «Moi, personnellement, je ne l'ai pas vue au dîner», assure-t-elle. Ce serait seulement après le souper que le centre aurait contacté la famille pour l'informer de son absence.
Malgré la tournure dramatique de la sortie de Mme Sévigny, Marco Samson ne croit pas que les règles touchant la sécurité des résidants pourraient être resserrées. «C'est une résidence de personnes autonomes, c'est pas une prison, c'est pas une aile psychiatrique pis c'est pas une aile d'Alzheimer. C'est un milieu de vie que les gens sont libres d'entrer et de sortir quand ils veulent», rappelle-t-il. Des caméras de surveillance à l'entrée pourraient toutefois être ajoutées au printemps, lors de l'agrandissement de la résidence, précise-t-il.