Le vainqueur du triathlon d'hiver sur les Plaines, Maxime Leboeuf, est un ancien biathlonien de Québec qui habite à Gatineau et gagne sa vie comme analyste financier pour la Banque du Canada.

Triathlon d'hiver: des champions familiers

Une pharmacienne de Jonquière et un analyste financier de Gatineau ont gagné la Coupe du monde de triathlon d'hiver S3 courue dimanche, sur les plaines d'Abraham. Épreuve qui n'a de mondiale que le nom, mais dont la difficulté n'est pas pour autant à dédaigner.
«C'est dur!» s'est exclamé Jochem Uytdehaage, en franchissant le fil d'arrivée. «Surtout la section de course, où je voyais tout le monde devant qui se sauvait de moi! Mais je me répétais: garde le rythme, le patin s'en vient», rigolait l'un des cinq athlètes internationaux présents à cette compétition hivernale unique sur la planète.
Uytdehaage est double champion olympique de patinage longue piste des Jeux de 2002, sur 5000 et 10 000 m. Neuvième sur 10 coureurs d'élite après le volet raquette, le Néerlandais de 40 ans a bouclé ses 30 tours de patinoire au moins 1 min 22 plus vite que tous ses concurrents. «C'est la différence entre le patinage de vitesse et le patinage», résume-t-il.
Son retard était cependant déjà trop grand et il a fini 8e sur 10 au cumulatif de 5 km de raquette, 11 km de patin et 9,5 km ski de fond. Douze bonnes minutes derrière le vainqueur pour une deuxième année consécutive, Maxime Leboeuf.
Polyvalence
Il n'y a pas de secret. Le succès en triathlon d'hiver S3 (snowshoe, skate, ski) réside dans la polyvalence pour les trois disciplines.
«Pour être bon, tu dois être égal dans les trois sports, sinon tu te fais prendre deux, trois minutes dans une section et il est trop tard», a indiqué Leboeuf, qui avait eu sa leçon à son premier essai, en 2015. Il a depuis travaillé sur son coup de patin pour enregistrer un temps total de 1h10 min 23 s, dimanche.
Âgé de 29 ans, cet ancien biathlonien de Québec habite à Gatineau et gagne sa vie comme analyste financier pour la Banque du Canada. Il s'entraîne avec Olivier Babineau, encore deuxième cette année.
La semaine passée, Leboeuf a fini troisième de la Gatineau Loppet de 51 km de ski de fond et il sera au départ du championnat nord-américain de raquette, vendredi, à Québec, ainsi que du Pentathlon des neiges le lendemain, course mère du triathlon S3.
James Poulin-Cadovius, septième dimanche, avait couru samedi les volets course à pied et raquette du tournoi collégial et du défi corporatif du Pentathlon. Donc 13 km de plus dans les jambes la veille.
Associé au Pentathlon comme entraîneur, ce professeur d'éducation physique au Collège Mérici et à l'école des Ursulines participera à deux autres épreuves samedi prochain, en plus d'y amener 40 jeunes de la quatrième à la sixième année sur les Plaines mardi, au tournoi scolaire.
La gagnante du volet féminin, elle, avait couru la Skippet de 18,8 km de ski de fond, samedi, à Chicoutimi. Qu'elle avait aussi gagné. Le Pentathlon longue distance figure à son horaire de la fin de semaine prochaine.
Pharmacienne de 27 ans, Ariane Carrier est une ancienne membre du club de ski de fond du Rouge et Or de l'Université Laval.
«Quand on sort du patin et qu'on met les skis, on dirait qu'on n'a jamais skié de notre vie! C'est très difficile, on n'a pas d'équilibre. Le premier tour de ski est ce qui est le plus difficile», a confié celle qui a empoché 1200$ pour sa victoire, tout comme Leboeuf.
Sarah-Anne Brault est allée aux Jeux olympiques en triathlon, à Rio.
Sarah-Anne Brault en terrain inconnu
Sarah-Anne Brault est allée aux Jeux olympiques en triathlon, à Rio. Mais pas question de s'embarquer dans un nouveau cycle de quatre ans. «Je ne vais pas me réengager pour Tokyo 2020», a confié au Soleil la dynamique rouquine de 27 ans, dimanche. «Je ne ferai plus de triathlon tant que ça. Je veux faire autre chose aussi, dans la vie. Je vais essayer des sports d'hiver un peu.»
Comme le triathlon raquette-patin-ski. Elle était invitée à l'épreuve de Coupe du monde courue sur les Plaines. «Quelqu'un m'a convaincue de faire ça et je ne suis pas trop sûre que c'était une bonne idée!» s'est-elle esclaffée, après avoir franchi le fil d'arrivée 10e et bonne dernière, cinq minutes après la neuvième.
Brault a pris le 42e rang de l'épreuve olympique de triathlon, en août dernier. La native de Beaumont, municipalité à l'est de Lévis, était beaucoup plus dans son élément avec la version natation-vélo-course à pied. La mouture hivernale «est technique et je n'ai pas mis assez de temps d'entraînement», a constaté celle qui est sortie en tête après les cinq km de raquette, avant de sombrer sur la patinoire.
«C'est plaisant de faire des choses un peu différentes, ça faisait longtemps que je n'avais pas pu essayer autre chose. Mais va falloir que je m'exerce un peu», affirme Brault, qui a profité d'un prêt d'équipement de l'entraîneur-chef du club de triathlon du Rouge et Or de l'Université Laval, dont ses frères sont membres.
Enfance à Beaumont, adolescence à Winnipeg, université à West Virginia et entraînement à Victoria, en Australie et en Espagne, elle a maintenant réintégré le foyer familial de Sainte-Foy. Un retour sur les bancs d'école fait partie de ses plans à court terme.
Après son expérience de dimanche, Brault ne dit pas non à une nouvelle participation au Pentathlon la semaine prochaine, mais en équipe et dans les sections de vélo, de course à pied ou de raquette. Ski de fond et patin attendront à l'an prochain.